‹ La réformeChapitre 46 sur 270 · JÉSUS-CHRIST PÉCHEUR · texte numérisé non relu

JÉSUS-CHRIST PÉCHEUR

conlraire , il y avait précisément un attrait particulier dans cette même déduction, que les anciens théologiens et les Pères avaient dès longtemps reconnue et repoussée avec horreur. 11 admettait sans hésitation aucune que Dieu, en imputant à Jésus-Christ les péchés des hommes et en le réputant pécheur, devait aussi transporter sur lui celte haine et cette détestation du mal inhérente à sa nature. Il soutenait que Jésus-Christ povle formai iter nos péchés en sa personne et s'en estcomhlé; que jamais, dans toute l'Écriture-Sainle^ le mot prrhé n'est pris dans le sens de punition du péché , mais que toujours il s'emploie pour signilier le mal qui lutte contre les lois divines*. C'est surtout de ces paroles du Psalmiste, que le Rédempteur s'appliqua sur la croix : Mon Dieu! pourquoi m'as-tu abandonné? que Luther sut tirer toutes sortes de choses que jusqu'alors la chrétienté tout entière n'eût jamais osé penser, de peur de blasphémer. On doit, disait-il, dire hautement que le Christ est à la fois le suprême juste et le suprême pécheur, le suprême mensonge et la suprême vérité, honoré du suprême honneur et plongé dans le suprême désespoir, en possession de la suprême félicité et voué à la suprême damnation. Jésus - Christ , ajoute-t-il en terminant , a souffert toutes les terreurs d'une conscience pleine d'angoisse, torturée par le sentiment de la colère de Dieu; il a été maudit non -seulement devant les hommes, mais aussi par Dieu; il a senti dans sa conscience qu'il était maudit de Dieu; sa conscience a éprouvé les effets de la colère divine, et a pensé d'elle-même tout mal, comme une conscience timorée; il n'y a aucune absurdité à attribuer à Jésus-Christ une conscience qui sent un moment la crainte et notre humaine misère.

Ces psaumes, qui sont évidemment les effusions d'une âme repentante et accablée de la conscience de ses propres péchés, il les applique à Jésus-Christ, disant formellement que Jésus- Christ a confessé ainsi son état de péché. « Car tout péché M que toi, moi, que nous tous avons commis, est le péché » propre de Jésus-Christ, absolument de la même manière » que s'il l'eût lui-même commis ^. « Les sophistes impies (les

' Adv. Latom. 0pp. lat. W^ittenberg, ii, A07.

2 Comm. in Gai, rrancof, 1543, f. 238 : Quœcunique peccata ego, tu el nos

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