LUTHER : COMMEINT LES OEUVRES
justifié; il pousse au contraire l'homme à tout ce qui est bon, et le vrai chrétien le suit de bon gré et volontiers, parce que (( le Saint-Esprit rend le cœur joyeux et libre K » Le passage principal sur ce sujet, passage qui dès-lors jouit chez les Luthériens d'une sorte d'autorité classique, et fut répété plus tard dans la Formule de Concorde, est celui qu'on va lire, et auquel nous avons joint deux autres citations de même nature.
« Oh ! c'est chose bien vivante, bien active, bien agissante et bien puissante que la foi, et il est impossible qu'elle n'opère pas sans relâche du bien ; elle ne demande pas non plus s'il y a de bonnes œuvres à faire; mais avant qu'on se soit enquis, elle les a faites, et elle est sans cesse en activité. Mais quiconque ne fait pas de ces œuvres, est un homme sans foi -. »
« La foi, c'est une confiance vivante et hardie en la grâce de Dieu, tellement certaine, qu'elle souffrirait la mort plutôt que d'y renoncer. Une pareille confiance, une pareille connaissance de la grâce divine rend joyeux, fier et de bonne volonté envers Dieu et
toutes les créatures ce que le Saint-Esprit opère par la foi.
Aussi l'homme, sans contrainte, se trouve disposé à faire du bien et à rendre service à chacun, à souffrir toutes sortes de choses pour l'amour et la gloire de Dieu, qui lui a accordé une grâce si éminente. Il est donc impossible de séparer les œuvres d'avec la foi, aussi impossible que de séparer la lumière et la combustion d'avec le feu ^. »
« La foi est une chose vivante et pleine de force; ce n'est pas seulement une pensée dormante et paresseuse. Elle ne flotte ni ne surnage sur l'eau; mais elle est comme l'eau échauffée par le feu. Bien que ce soit toujours la môme eau, elle a cessé d'être froide, elle s'est échauffée et est devenue ainsi une eau différente. C'est ainsi que la foi, qui est l'œuvre du Saint-Esprit, forme un autre cœur, une autre âme, un autre esprit, et fait un homme entièrement nouveau "*. »
Cette manière de voir présupposait que Thomme doit nécessairement obéir à l'influence du Saint-Esprit, qui serait irrésistible et coërcitive, et faire ainsi de bonnes œuvres ; et que sa volonté, purgée subitement et enflammée d'un zèle ardent pour la vertu, dès qu'il se sera imputé les souffrances
* L. c. XIV, m etc. — ^ L. c. pag. iih. — » L. c. pag. 115, — * L. c. i, lUl.