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LUTHER : RAPPORT ENTRE LA. FOI

qui, par Tacte de croire et de connaître , contraint la volonté.

néanmoins , Lulher donne encore d'autres raisons pour expliquer comment les bonnes œuvres doivent nécessairemient suivre la foi. « Il n'est pas possible, dit-il entre autres, que nous soyons tout-à-fait oisifs dans cette vie, et que nous ne fassions pas des bonnes œuvres * ; » se fondant sur cette idée , souvent énoncée dans ses écrits, que l'homme qui a la foi accomplit une bonne œuvre dans chacun de ses actes, ou, en d'autres termes, « que tout ce que fait l'homme justifié est bon, sans aucune distinction des œuvres ^ »

Mais l'explication la plus simple, la plus conforme à sa manière de voir ordinaire, se trouve dans ces paroles, où il peint la foi comme une confiance absolue qui s'étend sur toute œuvre, et en infère que chaque action d'un homme doué de cette confiance est, par cela seul, agréable à Dieu.

« Chacun, de la sorte, peut juger ej sentir et s'apercevoir luimême s'il fait bien ou non; car, s'il trouve son cœur imbu de la confiance qu'il est agréable à Dieu, son œuvre est bonne, tant minime qu'elle soit, et ne fût-ce que de ramasser un brin de paille. Mais si la confiance n'y est pas, ou s'il en doute, l'œuvre n'est pas bonne. ~ Or, avoir la ferme conviction de plaire à Dieu n'est possible qu'au chrétien éclairé et affermi par la grâce. — Mais que ces discours paraissent singuliers, et que quelques-uns les taxent d'hérésie, cela tient à ce qu'ils ont suivi l'aveugle raison et la science païenne, et qu'ils ont mis la foi non au-dessus, mais à côté des autres vertus, et lui ont donné une œuvre propre, distincte des œuvres des autres vertus, tandis que la foi seule, pourtant, rend les œuvres bonnes, saintes et agréables, en ayanl confiance en Dieu et en ne doutant point que tout ce que l'homme fait avec elle est bien fait devant Dieu. Bien plus, ils n'uni pas voulu que la foi restât une œuvre, mais ils en ont fait, comme ils disent, un hahituin, tandis que l'Écriture ne donne à nulle œuvre le nom de bonne œuvre, d'œuvre divine, si ce n'est à la foi seule. — Par le septième commandement il est facile de voir comment toutes les bonnes œuvres doivent se faire dans la foi : en effet, en méditant ce commandement, chacun sentira aisément que la méfiance est la cause de l'avarice, mais que la foi est la cause de la

* Ed. d'Iéua, ii, .'171. — ^ Ed. Wnlc!'. xri, S82.

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