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ET LES OEUVRES

bienfaisance : cap, par sa confiance en Dieu, celui qui a la foi est bienfaisant et ne doute jamais de posséder assez pour soi *. »

Toutefois, Luther combat d'un autre côté l'erreur de ceux qui ne veulent reconnaître de bons arbres, c'est-à-dire de bons chrétiens, que là où ils voient de bonnes œuvres. II taxe cela d'aveuglement,

« Sache que Jésus-Christ a des voies singulières dans ses saints, et garde-toi de juger ni de condamner quelqu'un , à moins de le voir et de l'ouïr ouvertement agir et parler contre l'Évangile. S'il parle ou agit ainsi, tu peux hardiment juger qu'il est hors de Jésus Christ et sous la puissance de Satan, et tu prieras pour lui et l'exhorteras à se convertir. Mais en tout autre cas, alors quo tu verras un homme tenir l'Évangile en honneur et en gloire, conforme-toi au précepte de saint Paul {Rom. 14, ^ A) : « Qui es-tu, pour condamner le serviteur d'autrui ?S'il se lient ferme ou s'il succombe, c'est à son maître qu'il appartient de le juger; mais il peut bien être relevé, car le Seigneur est puissant pour relever. » Et de même (/ Cor. iO, v 12) : « Que celui qui est debout, prenne garde qu'il ne tombe. » Car Jésus-Christ veut élre à la fois caché et connu; il veut à la fois être trouvé et ne point se laisseï" trouvera »

Une des plus douloureuses expériences de Luther fut certainement de voir cette théorie, imaginée par lui, démentie 1 1 confondue partout et toujours par la réalité. Il reconnut que nulle part, dans la vie réelle, la foi ne produisait ces effets qui, selon son système, devaient en être la conséquence infaillible et inséparable. « Ceux-là, dit-il, qui aiment à enten- » dre prêcher et qui comprennent cette doctrine de la f( i » pure, ne se mettent pourtant pas sérieusement en devoir >» de servir le prochain, absolument comme s'ils voulaicLt » être sauvés par la foi sans les œuvres, et ils ne s'aperçoivent » pas que leur foi n'est pas la foi, mais seulement une appa- » rence, un semblant de foi ^ « Ailleurs il dit : « Si l'on prêche »> les œuvres, on renverse la foi; si, au contraire, on prêche » la foi, il faut renverser les œuvres *. »

Or, souvent il soutient, comme nous venons de le voir, que la foi qui n'est pas suivie des bonnes œuvres, n'est pas pré-

• Ed. d'Iéna, i, 226, 55^. — ^ Ed. Walch. xii, 522. 3 Ed. d'Iéna, 1580, vui, /jG. — ♦ L. c. 1585, n, 476.

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