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ET LA CONFIANCE EN 1 5 16 ET

eux-mêmes, ils n'espèrent pourtant que dans leur propre sainteté, comme il se verra à l'heure de la mort, quand ils auront à parallre devant le tribunal de Dieu. Ils meurent avec d'autant plus de confiance qu'ils seront certains d'avoir mené une vie plus pure, et dans cette confiance ils espèrent en Dieu; mais devant le tribunal divin leurs bonnes œuvres leur seront comptés pour d'abominables péchés, parce qu'ils y auront mis leur confiance, au lieu de se présenter devant la miséricorde de Dieu dans toute la nudité de leur misère. Car, dit Luther en terminant, où il y a mérite, il ne peut y avoir espérance, et vice versa. Dieu ayant précisément donné la loi, qu! range tout dans le domaine du péché, afin d'anéantir chez l'homme toute confiance en soi-même. L'espérance en Dieu est donc plus facile et plus sûre pour l'homme qui est dans le péché, que pour celui qui possède des mérites et pratique le bien. C'est pourquoi il est dangereux pour l'homme de rester jusqu'à sa mort en état de grâce et en possession d'une grande somme de mérites, cet élat ne lui permettant guère d'apprendre à espérer en Dieu, au fieu que le péché sert justement à rendre celui qui y est plongé susceptible et capable d'espérance.

Ici, on le voit, s'étaient déjà développées des idées entièrement étrangères jusqu'alors à toute théologie, à savoir : que l'effet de la grâce divine dans l'homme, au lieu de contribuer à son salut, le perd, parce qu'il devient présomptueux et téméraire et met sa confiance dans sa propre sainteté; ensuite cette manière toute particulière de comprendre l'espérance ou la confiance suivant laquelle l'homme espère bien plus facilement en Dieu lorsqu'il a commis de nombreux et graves péchés, que lorsqu'il est en possession des fruits de la grâce. Quant à l'humilité, Luther ne semble point s'être douté qu'elle est un des fruits essentiels de l'action véritable de la grâce et une condition indispensable de toute sanctification réelle.

Inmédialement après, et dans la même dissertation, vient une assertion propre à jeter quelquelumière sur celte doctrine. C'estque l'homme, le plus juste même pèche à chaque instant de sa vie et dans chaque acte de sa volonté, ce que Luther attribue soit à l'instinct d'inertie ou de résistance ( à cette nohmtasmélèe à toute voluntas) qui travaille dans tout homme.

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