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PREMIÈRES DÉCLARATIONS DE LUTHER

soit à cette sublime perfection de l'amour de Dieu, tel que la loi l'exige et où il est impossible à l'homme de jamais atteindre ^

Déjà quelques-unes des idées qui servirent de base au système développé plus tard, se prononçaient également d'une manière précise dans les lettres de cette époque. C'est ce qu'on voit, par exemple, dans une lettre écrite le 3 avril 1516 à George Spenlein de Memmingen, religieux Augustin comme Luther ^. Renonciation à toute justice intérieure, à toute sainteté par l'amour et les œuVres : confiance unique et absolue dans l'expiation jadis otTerte par Jésus-Christ : abandon total de toute espérance qu'aucune œuvre de l'homme, même accomplie avec le secours de la grâce, puisse être comptée pour quelque chose devant Dieu : telles sont, ici comme ailleurs, les idées fondamentales de ses sentiments religieux, idées qu'il s'efforce d'inculquer à son collègue. « lis ont été, dit-il, engagés l'un et l'autre dans cette erreur de vouloir affermir la paix de leur conscience par la voie des œuvres et des désirs de sanctification, et quant à lui, Luther, il lutte toujours dans son âme contre cette erreur, sans avoir pu encore remporter la victoire ■^. »

Dans une autre lettre écrite à Spalatin le 15 février 1518, la même opinion se manifeste, et l'on voit comment il travaillée s'en pénétrer de plusen plus. «Pour être guidé dans toutes ses actions par un esprit convenable, l'homme doit désespérer de toutes ses œuvres et ne mettre sa confiance que dans la miséricorde divine. La vraie signification de la justice chrétienne a été longtemps ignorée et méconnue. Celui-là est juste qui s'accuse lui-même, condamnant ainsi les mêmes choses que Dieu condamne, c'est-à-dire soi-même. Ce n'est pas lœuvre qui est agréable à Dieu , mais cette accusation de soi-même; et Dieu, en commandant les bonnes œuvres, l'a fait plutôt pour nous fournir l'occasion de nous accu-

* Lœscher, i, 346-

* Correspondance de Luiher, recueillie par de Wette, i, 16, etc.

3 L. c. 1, 17. Si enim nostris luboribus et affliclionibus ad conscientiae quietem perveuire oportet, ul (juid ille mortuus est? Igitur non nisi in illo per fiducialem desperalionem lui etoperum tuorum pacem invenics; disces insuper ex ipso, ut sicut ipse suscepit le, et peccala tua fecit sua, et suam justiliain fccit tuam.

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