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LES ŒUVRES NE SONT PAS NECESSAIRES AU SALUT

ayons accompli ou non ce devoir? Suis-je tenu, dans ma conscience, alors que je m'entretiens avec Dieu, de rendre compte de mon zèle ou de ma négligence sur ce point? Voilà ce que Luther, en vertu de sa doctrine sur la loi et l'Évangile, ne pouvait concéder ; car, selon lui, ce serait s'immiscer dans l'œuvre et la mission du Christ, et enlever à l'homme sa plus précieuse consolation. C'est pour cette raison que Luther ne voulait admettre en aucune manière la nécessité de bonnes œuvres pour le salut, tout en refusant de s'expliquer sur le point de savoir à quelle fin les bonnes œuvres doivent donc être nécessaires, si ce n'est pour le salut.

» Cette proposition : « Les bonnes œuvres sont nécessaires au salut, » il ne faut pas du tout l'admettre, mais la rejeter absolument. Car il est faux et mensonger de dire que les bonnes œuvres soient nécessaires à la justification et au salut, et cette assertion, si profitable aux papistes, nous ne voulons la souffrir ni l'accorder, mais la bannir totalement de la théologie, et en particulier de l'article de la justification, et n'en plus entendre parler ^ »

« 11 n'est aucune loi, pas même la loi donnée par Dieu, qui puisse exiger des fidèles une seule œuvre, comme nécessaire au salut 2. »

« A cette proposition (que les bonnes œuvres sont nécessaires au salut), les papistes ajoutent une explication artificieuse disant : Bien que nous demandions des bonnes œuvres, comme nécessaires au salut, nous n'enseignons pas toutefois que l'on doive se confier dans les bonnes œuvres. Le tour est d'une astuce diabofique; mais il ne les mène à rien, quoiqu'il puisse, à la vérité, imposer aux simples et aux inexpérimentés, et faire illusion à la raison ^. »

« Il semble bien que ce soit chose simple, de peu d'importance et sans aucun danger, de confondre la loi et l'Évangile, la foi et les œuvres; mais en y regardant de près et au grand jour, on découvre et on peut être certain qu'en enseignant les bonnes œuvres et en poussant à en faire, comme nécessaires au salut, on cause plus de mal que notre raison humaine ne peut comprendre et concevoir. Car, non-seulement on empêche de la sorte de reconnaître la grâce; mais on nous arrache même Jésus-Christ avec

1 Cilé par Waldner : Liste des diflicultés, dans la préface de George Major au nouveau Sermonnaire, 1564.

« 0pp. lat. WiUenberg, ni, 373. — » ITaldner, J. a.

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