‹ La réformeChapitre 61 sur 270 · LA FOI EST SOUVENT · texte numérisé non relu

LA FOI EST SOUVENT

tous ses bienfaits, et on pervertit l'Évangile tout entier, comme l'atteste saint PauP. »

« Ce ne sont pas les œuvres qui conduisent au but, et il n'y faut penser de cette manière; une seule chose est nécessaire : entendre la parole de Dieu et y croire. Voilà ce qui fait tout; voilà où il faut l'appliquer, et tu auras une conscience satisfaite, et tu feras ensuite ce que tu pourras, ce que tu voudras ; tout sera pour ton salut et agréable à Dieu 2. »

Quand il parlait de tour artificieux et d'astuce capable de faire illusion à la raison et aux inexpérimentés, Luther était sans doute dans un de ces moments dont il se lamente si fort, et où l'Évangile et la loi se confondaient dans son propre esprit.

Souvent il parle de cette foi que les hommes se forgent eux-mêmes, et qui n'est qu'un rôve, qu'une ombre de foi, au lieu d'être exclusivement l'œuvre de Dieu dans l'homme. « Qu'est-ce que cette pensée qu'ils appellent la foi? qu'est-ce autre chose qu'un songe et une vaine ombre de foi, qu'ils ont fabriquée en leur cœur par leurs propres forces et sans la grâce divine ? Ils en sont ensuite pires qu'ils n'étaient auparavant ^ » 11 répète souvent que la foi qui ne produit pas les vrais fruits, c'est-à-dire les bonnes œuvres, n'est pas la foi véritable, la foi opérée par Dieu, mais seulement une fausse croyance faite par l'homme lui-même, et, d'après ce qu'il en dit lui-même, il arrivait assez fréquemment-que les hommes, en entendant prêcher ou en lisant le nouvel Évangile, l'acceptaient avec une simple approbation humaine.

« Il y a des gens qui, entendant annoncer ou lisant TÉvangile et ce qu'on dit de la foi, y donnent vite leur approbation, et, parce (ju'ilssont de l'avis de ce qu'ils entendent, appellent cela croire. Mais ils s'imaginent que la foi est une chose en leur pouvoir, qu'ils peuvent l'avoir ou ne l'avoir pas, comme on fait de quelque autre œuvre naturelle à l'homme. Ainsi, quand ils parviennent à concevoir une pensée dans leur cœur, se disant : Vraiment, cette doctrine est bonne, et je crois que c'est comme il est dit, ils se figurent que la foi leur est venue. Puis, quand ils sentent et s'aperçoivent, en eux-mêmes et en d'autres, qu'il n'y a aucun chan-

* Ed. Walch. viii, 1C55. — » IValdner. G. 3, b. — 3 Ed. Walch. xi, 1957.

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