UNE FAUSSE FOI
gement, que les œuvres ne s'ensuivent pas et qu'ils sont ce qu'ils étaient, il leur semble que ce ne soit pas assez de la foi et qu'il doive exister quelque chose de plus et de plus grand ^ »
Ici, c'était donc la faute deshomnies qui, d'après la description qu'en donne Luther, étaient assez pervertis pour s'imaginer que la foi, à l'instar de telle autre œuvre humaine, était en leur pouvoir,, quoique ce fût précisément un point capital de la nouvelle doctrine que la foi est une pure opération de Dieu dans l'homme, sans aucune coopération ni intervention de ce dernier.
Mais là se présentait une autre question : Que faut-il que l'homme fasse pour se garantir de cette foi purement humaine, naturelle, et par conséquent stérile, et pour recevoir au contraire la foi qui émane de Dieu? Au dire de Luther, l'implantation de la foi dans l'homme avait lieu par un procédé aussi simple que prompt : l'homme n'y avait absolument que faire, si ce n'est d'écouter.
« La foi ne s'acquiert point par des œuvres, mais par l'audition de l'Evangile, et cela se passe ainsi : D'abord, avant toute œuvre et toute autre chose, on entend la parole de Dieu, où l'Esprit châtie le monde à cause de ses péchés ; le péché reconnu, on entend parler de la grâce de Jésus-Christ. Dans celte parole, arrive le Saint-Esprit, qui donne la foi où et à qui lui plaît *. »
" Quand cela ( que nos péchés sont lavés par le sang et la mort de Jésus-Christ ) résonne à nos oreilles, le Saint-Esprit pénètre avec la parole dans le cœur où il lui plait d'entrer : car il ne souffle pas sur tous, et c'est pourquoi tous ne comprennent pas. — Il n'y avait certes là aucune œuvre (quand saint Pierre prêchait du Christ ) ; mais d'écouter seulement et d'entendre, voilà ce qui amène le Saint-Esprit 3. »
" ïu vois qu'on ne te met pas Jésus-Christ dans la main, qu'on ne te le serre pas dans un bahut, qu'on ne le te fourre pas dans les plis de ton vêtement , ni qu'on te le met dans ta bouche ; on te le présente seulement par la parole et par l'Evangile , on l'offre à ton cœur par le canal de tes oreilles , on te prie de l'accepter comme celui qui s'est donné pour toi, pour tes iniquités, pour tes impuretés ; aussi ne saurais-tu le recevoir autrement que par ton cœur. C'est ce que tu fais en lui ouvrant et en disant do cœur : Oui , je crois que cela est ainsi. Voila
> L. c. pag. 1956. — » Ed. d'iéua, 1575, v, 62. — ^ L. c. ii, 482.