‹ La réformeChapitre 67 sur 270 · LA FOI NE DOIT PAS ETRE JUGEE · texte numérisé non relu

LA FOI NE DOIT PAS ETRE JUGEE

Ainsi disparaissait cet avantage que le système de Luther, d'après son assertion mille fois répétée, avait sur la doctrine catholique, par la paix et les consolations qu'il donnait à la conscience; ainsi revenaient les incertitudes, les angoisses d'autrefois, du moment qu'on faisait des œuvres la mesure et la pierre de touche de la foi, et que chaque péché que l'homme découvre en lui-même le fait aussitôt douter de l'existence ou de la nature de sa foi. Bien plus, tout examen de conduite un peu soutenu et rigoureux, devait précisément mener l'homme à douter de la pureté de sa foi, et par conséquent à mettre en doute aussi sa justification, c'est-à-dire l'exposer au danger le plus imminent de commettre le péché contre le Saint-Esprit; car, dit Luther, dès que l'homme ne considère plus uniquement sa foi ou la justice de Jésus-Christ, à lui imputée; dès qu'il veut avoir égard à ses propres œuvres, il aperçoit partout le péché, tombe nécessairement dans le doute, et perd ainsi tout son trésor et tout le fruit de sa peine*. U Enfin l'impossibilité, dans ce système, de faire servir les œuvres de pierre de touche à la foi, devenait plus évidente encore par trois autres assertions du Réformateur.

Premièrement, c'était, au témoignage de Luther, un état particulier aux Luthériens d'être principalement en butte aux tentations et aux attaques de Satan à cause de leurs péchés, malgré leur confiance dans le pardon, tandis que les catholiques sont exempts de ce tourment :

« Souvent aussi, il (Satan) anéantit complètement les bonnes et pieuses œuvres que nous faisons, de sorte que nous n'en retirons rien , sinon de la tristesse. Les saints éprouvent tous ce tourment; et jusqu'où ne nous égarerions-nous pas, si nous voulions toujours nous laisser guider par ce que nous sentons et éprouvons, et non par la parole de Dieu? Mais avec les papistes, Satan n'agit pas de môme; car il fait tout le contraire, leur parant si bien tous leurs abominables vices, qu'on les prendrait pour pure sainteté. Pour nous, qui aimerions à mener une vie pieuse, et qui nous appliquons à vivre selon la volonté

ex hoc conclavi sponsi, et die ut subsistât in terra et eat in montem Sinaï, ubi locum hobct.

* 0pp. lat. len. i, 169, b, Imo caveat omnis cltristianus, ne unquani incertus sit, an Deo placeant opéra sua. Qui enim sic dubilal, peccat et perdit opéra sua cuncla, frustraque laborat.

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