PERMANENT CHEZ CELUI QUI A LA FOI
Cette recommandation pressante, répétée avec insistance, de ne point se laisser intimider par la loi et de ne pas se laisser troubler dans la foi en sa propre justice et sa propre sainteté, le conduisit naturellement à soutenir que chez celui qui possédait la foi, le péché est de peu d'importance, ou que le péché, commis par le fidèle, ne lui nuit pas, et qu'en général il n'est point question chez lui, qui est paré des mérites imputés de Jésus-Christ, de posséder une dignité propre et intérieure. « Le péché, dit-il, existe très-réellement » chez le juste; mais il ne nous est point imputé, et voilà » comment nos péchés ne sont pas des péchés i. »
Pour la même raison il soutenait encore que c'est chose coupable et impie que de peindre les saints, les Apôtres par exemple, comme exempts de péché. Car cet état de péché des hommes les plus éminents, des disciples et des envoyés immédiats de Jésus-Christ, est précisément, dit-il, la plus grande consolation de l'Église, consolation qu'il n'est pas permis de lui ravir 2.
« Jésus-Christ seul, dit-il encore, me rend juste, sans aucun concours de mes œuvres, et sans que mes péchés puissent l'empêcher 3. »
« L'Evangile apporte la rémission des péchés ; oii se trouve cette rémission, il n'y a rien à craindre , ni péché, ni damnalion '*.» .
Deus autem non est diabolus, non est devorator aut caruifex, qualis tu es, qui terres et intentas mortem , sed est misericors super peccatores, est integer et incorruptus, plus et justus : tali Dec peccavi, non peccavi lyranno aut homicidœ. — Et cette note marginale d'un ancien propriétaire du livre : Consolatio longe dulcis.sinia contra Satanae et conscienliœ morsus.
* Cornm. in Galat. Francof. d5A3, f. 418 : Habemus seraper regressum ad islum arli( ulum, quod peccata nostra tecta sint, quodque Deus ea non velit nobis imputare, non quod peccalura non adsit, imo peccatuni adest vere, et pii illud sentiunt, sed abscondilum est et non imputatur nobis a Deo proptcr Cliristum, quem quia fide apprehendimus, oportet onuiia peccata non esse peccata. — Deûnimus ergo, bune esse Cliristianura, non qui non habet aut non sentit peccalum, sed cui illud a Deo propler fidem in Chrisliim non imputatur.
- L. c. f. 445. Non solum igilur imprudenter, sed etiaui impie fecerunt, qui e\cusarunt Paulura et alios sanctos non babere peccatum. Isla enim persuasione ex inscilia doctrinae (idei nata, privarunt Ecclesiam maxima coubolatione, aboleverunt remissionem peccalorum et Cliristum reddiderunt oliosum.
= L. c. f. 402, a. Christus solus me juslificat contra opéra niea mala et sine openbus meis bonis.
* f'd. Walch. VI, 2583.