‹ La réformeChapitre 73 sur 270 · NOUVELLE DOCTRINE DE LUTHER · texte numérisé non relu

NOUVELLE DOCTRINE DE LUTHER

distinguent entre les péchés secundum substantîam facti, c'est-àdire, d'après les œuvres, pour ce qu'elles sont en elles-mêmes, et non d'après la foi ou l'incrédulité de l'individu. Celui qui a la foi commet d'aussi grands péchés que celui qui ne l'a pas ; mais ils lui sont pardonnes, ils ne lui sont point imputés; tandis qu'ils sont retenus et imputés à l'incrédule. Donc ce qui est pour l'incrédule un péché mortel, devient pour celui qui a la foi péché véniel. Non qu'il y ait différence entre les péchés par leur nature , ni que le péché du fidèle soit moindre et moins grave que celui de l'incrédwle ; mais parce qu'il y a ditïérence entre les individus. Car le fidèle tient pour certain, en vertu de sa foi , que ses péchés lui sont remis pour l'amour de Jésus- Christ , attendu que Jésus-Christ s'est offert soi-même pour les péchés des hommes. Ainsi, quoique pécheur, il n'en reste pas moins un homme pieux, au lieu que l'incrédule demeure dans l'impiété. Voilà la vraie sagesse, la vraie consolation des fidèles, de savoir que, quoiqu'ils commettent des péchés, ceux-ci ne leur sont pas imputés à cause de leur foi en Jésus-Christ <.»

« Chez ceux qui sont avec Jésus-Christ, bien qu'ils se dissipent, c'est-à-dire commettent des péchés et tombent , tout ce qu'ils font, souffrent, etc., est néanmoins salutaire et utile, trèsbon, saint et divin ^. »

Dans ce passage, on ne fait plus consister la vertu de la foi en ce qu'elle étouffe de plus en plus et anéantit le péché, mais en ce que, par elle, le péché n'est plus nuisible au fidèle.

« La foi est faite de telle sorte, que là où elle est nul péché ne saurait plus nuire. Un homme saint ou fidèle sent bien au-dedans de soi les infractions du péché ; mais elles ne lui sont point imputées à cause de sa foi ^. «

Toutes choses ainsi prenaient chez Luther un sens différent de celui qu'elles avaient naguère dans le langage des chré liens. 11 soutenait que l'abnégation recommandée par Jésus- Christ consiste à renier toute justice et toute sagesse propres, à n'attribuer la sagesse et la justice qu'à Jésus-Christ, et à se l'imputera De tout temps on avait considéré comme la tâche principale, comme le but le plus noble du chrétien, d'aspirer à la pureté du cœur. Luther, lui aussi, met un grand prix au bonheur de posséder .un cœur pur de péché; mais,

« L. c. viir, 2730. — « L. c. vu, 261. — * L. c, xii, 1828. — * 0pp. lat. léna, IV, 3G0-61.

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