LUTHER : DU DEVOIR
si grands qu'ils soient, pourvu que nous croyions uniquement en Jésus-Christ ^ »
« Nous sommes tous saints, et anathème sur celui qui ne se qualifie de saint et ne se glorifie de l'être. Car , dès que tu crois à ces paroles du Christ : Je monte auprès de mon Père, tu es un saint aussi bien que saint Pierre et lous les autres. — Si donc tu ne dis pont : Je possède Jésus-Christ aussi bien que saint Pierre , et suis saint aussi bien que saint Pierre , tu es ingrat envers ton Seigneur Jésus-Christ *. »
• Le premier venu, le plus infime entre les chrétiens, je ne dois pas l'estimer moins que saint Pierre et tous les saints du ciel. Nul ne possède plus de grâce qu'aucun autre; quelques-uns ont seulement un don plus riche et un trésor plus grand 3. »
On conçoit que Luther n'en insistait que plus vivement sur la nécessité, pour tout homme qui a la foi selon son système, de se tenir pour saint et de se proclamer saint sans crainte, attendu que la justice, et par conséquent la sainteté de Jésus- Christ lui sont imputées en propre. C'est même, suivant Luther , un devoir rigoureusement obligatoire pour- tout chrétien de se regarder soi-même comme saint. « Ce serait, « dit-il, une grande iniquité et un blasphème contre Dieu, » qu'un chrétien voulût nier qu'il fût sainte » Il s'emporte contre les hypocrites du papisme et leur fausse humilité blasphématoire, qui ne veut point être sainte devant Dieu , mais pécheresse, et ne qualifie de saints que les morts ^
« Nous ne devons pas douter, dit-il encore, que nous ne » soyons saints, pas plus que tu ne dois douter que tu sois M baptisé et que Jésus-Christ ait répandu son sang pour toi. »
« Etant baptisés, nous sommes aussi saints et justes en Jésus-Christ, qui a ôlé de nous nos péchés, et nous a gratifiés , revêtus et parés de sa grâce. Qui donc craindra de se glorifier et de proclamer qu'il est saint et juste , mais, au lieu de cela, se plaint sans cesse de n'être qu'un pauvre pécheur ; celui-là fait comme s'il disait : Je ne crois pas que Jésus - Christ soit mort pour moi , ni que je sois baptisé, ni que le sang de Jésus-Christ m'ait purifié, ni qu'il puisse me purifier, et je ne crois pas non plus un mot de tout ce que l'Ecriture dit de Jé-
* L. c. XI, 3144.— * L. c. XII, 1803. — 3 L, c, m, QM,-^"* L. c. xii, A7C. — 5 L.c. V, 179/i.