LES SACREMENTS PAR RAPPORT
royaume du Christ n'est rien que pardon, qui ne s'occupe que de péchés, et efface, couvre et purifie tout le temps que nous vivons ici-bas *. «
Luther remerciait Dieu d'avoir rempli son ancien désir. Il avait, disait-il, souvent souhaité, étant moine, de voir un vrai saint; et maintenant il en voyait beaucoup, voire d'innombrables saints (de ceux qui s'imputaient la sainteté de Jésus-Christ 2, et que lui-même aussi était un de ces saints.
La certitude inébranlable de l'homme touchant sa justification propre et son état de grâce est le point pivotai de ce système. D'après les principes de ce système dut également se modifier la doctrine des sacrements, qui reçut en etfet une forme nouvelle, aussi bien pour le nombre des sacrements que pour leur essence et leurs conséquences. Quant au nombre, Luther dut nécessairement rejeter et bannir de sa nouvelle Église tous les sacrements qui ne pouvaient être mis en rapport direct avec la justification, ou devenaient superflus et sans effet par la doctrine de l'imputation. Il ne resta donc que le baptême et la cène. Quant aux effets, Luther posa en principe que les sacrements étaient institués « pour garantir » fortement les mérites de Jésus -Christ, pour corroborer » notre foi, pour nous consoler, pour nous tranquilliser lou- « chant le péché, la mort et l'enfer, » qu'ils devaient être, par conséquent, un gage réel, un appui matériel pour la certitude de la justification et pour les consolations qui découlent de cette certitude. Néanmoins Luther ne voulait pas qu'on proscrivît, comme le firent les réformateurs suisses, la doctrine catholique touchant la grâce attachée aux sacrements. Les passages suivants caractérisent parfaitement la manière de voir de Luther sur ces points.
« Devant Dieu, il nous suffirait de croire à l'Evangile ; mais il veut que sur terre nous soyons disposés à secourir et à servir le prochain, et que nous confessions aux yeux du monde, par quelques signes extérieurs, la foi que nous avons dans le coeur; voilà pourquoi les sacrements du baptême et de la cône. Il faut donc que nous confessions l'Evangile par notre bouche, et qu'en-
* ComiD. in Gai. Fraucof. d543, f. 472, b. SancU sunt sanclitate paisiva, non acUva.