A LA DOCTRINE DE LA JUSTIFICATION
suite nous recevions le sacrement comme un témoignage qui fasse savoir au monde que nous sommes chrétiens. De la sorte, je suis certain de jouir des grâces divines, et j'ai fait aussi ce qui est nécessaire devant le monde K »
« Dieu, en envoyant sa parole, a toujours donné quelque signe extérieur qui la rendit plus efficace pour nous , afin que nos cœurs fussent fortifiés et ne doutassent ni ne chancelassent dans leur foi en cette parole. — Ainsi l'arc-en-ciel de Noé est pour nous tous un sceau, semblable à celui qu'un homme, après avoir écrit une lettre, y met pour confirmer et sceller son écriture. — C'est ainsi encore qu'il a sanctionné cette parole : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, » en instituant un signe extérieur, à savoir : le sacrement du baptême, et celui du pain et du vin, institué principalement pour servir, dans nos tentations, dans nos combats et sur le lit de mort, à nous fortifier dans la foi, à nous rappeler Dieu et ses promesses. Le baptême n'est rien qu'un signe extérieur, destiné à nous rappeler les promesses divines. Si on peut l'avoir, on fait bien de le prendre, car nul ne doit le dédaigner ^. »
« Il n'y a rien sur la terre de plus efficace ( que les sacrements ), rien qui soit plus capable de verser de plus douces consolations dans les cœurs affligés et dans les consciences troublées. — L'usage n'est autre chose que de croire qu'il arrive réellement ce que les sacrements nous promettent par la parole de Dieu. C'est pourquoi, dans ce sacrement ( l'eucharistie ), il est nécessaire que nou-seulement on envisage les trois images en Jésus-Christ, et qu'on chasse et laisse choir les trois images opposées ( péché, mort et enfer ), mais qu'on y voie aussi un signe certain, qui nous confirme que cela nous est donné ^. »
« De tout cela , je conclus que ceux pour qui la messe est instituée et qui communient dignement, sont ceux-là qui ont des consciences attristées , affligées , troublées , égarées et inquiètes. Car la parole de Dieu promettant la rémission des péchés dans ce sacrement, celui que tourmentent les remords du péché ou la tentation du péché , celui-là s'en approche sans danger. Le testament du Christ est le seul remède aux péchés passés , présents et futurs , pourvu qu'on y soit attaché avec une foi ferme et exempte de doute , et que l'on croie que tout nous est donné, comme le dit ce testament, par grâce et on pur don 4. »
« Éd. Walcb. XI, 857. — « L. c. pag. 1290. —» L. c. x, 2309. * L. c. XIX, 6A.