‹ La réformeChapitre 87 sur 270 · I. TRADUCTION DE LA BIBLE · texte numérisé non relu

I. TRADUCTION DE LA BIBLE

Encouragé par la faveur sans exemple et par les applaudissements universels qui accueillirent en Allemagne les premiers écrits de Luther, celui-ci crut sans peine qu'il lui serait permis de donner à sa traduction de la Bible une forme telle que sa doctrine sur la Justification en reçût, au moins aux yeux de la masse des lecteurs superficiels, une sorte de consécration biblique. Luther connaissait à merveille la génération contemporaine : il savait que parmi des milliers de gens approuvant et professant ses doctrines, pas un ne se donnerait la peine de soumettre la nouvelle traduction de la Bible à un examen critique et de la collationner avec le texte original : il savait que, tout au contraire, les prédicateurs de son parti, dans tous leurs sermons et leurs catéchèses, s'attacheraient de préférence et exclusivement à sa traduction, et ne citeraient au peuple aucun texte biblique que sous le vêtement qu'il lui avait donné. Le succès répondit complètement à ces prévisions.

Luther comprit parfaitement que, dans le Nouveau Testament en général et dans les Épîtres aux Romains et aux Galates en particulier, il fallait avant tout habituer le lecteur à comprendre, dans un sens favorable au nouveau système, les passages sur lesquels ce système s'appuyait. 11 pensait qu'ensuite le lecteur, dominé par ces idées une fois imprimées dans son esprit, écarterait à coups de commentaires les contradictions que tant de passages opposent aux doctrines lu-

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