‹ La réformeChapitre 89 sur 270 · DANS LE NOUVEAU TESTAMENT · texte numérisé non relu

DANS LE NOUVEAU TESTAMENT

lui -môme. Il en est de môme des autres commandements ; il nous est impossible de les tenir. Lors donc que l'iiomme, par tous les commandements de Dieu , a compris et senti son impuissance, et qu'il commence à s'inquiéter comment il satisfera au commandement, car il faut qu'il y satisfasse ou soit damné, alors seulement il est bien humilié et bien anéanti à ses propres yeux, et ne trouve en soi rien qui puisse le justifier. Alors vient l'autre parole , la promesse divine, qui dit : « Veux-lu remplir tous les commandements, veux-tu te défaire de toutes tes convoitises, de tous tes péchés, comme les commandements le demandent et l'exigent, crois en Jésus-Christ, en qui je te promets toute grâce, toute justice, toute paix, toute délivrance. Si tu crois, tu possèdes ; si tu ne crois pas, tu n'as rien. Car ce qui t'est impossible avec toutes les œuvres de la loi, nombreuses et pourtant inutiles, devient facile et court par la foi. J'ai résumé et rassemblé brièvement en la foi toutes choses , afin que celui qui a la foi ait ces choses et soit sauvé. Qui ne l'a pas n'aura rien. » De la sorte, les promesses de Dieu donnent ce que les commandements demandent, et accomplissent ce que les commandements exigent, afin que tout soit de Dieu, commandements et accompUssement. Lui seul commande ; lui seul aussi accompUt K »

Condensé en quelques mots, ce système est celui-ci : Dieu a donné à l'homme des commandements que celui-ci, même avec le secours de la grâce, est absolument incapable d'observer, mais qui lui servent à acquérir la connaissance de son impuissance. Il faut donc qu'un autre accomi)lisse la loi à la place de l'homme, et que l'homme s'applique, s'approprie par la foi cet accomplissement de la loi par autrui.

On connaît l'interpolation du que dans le passage de Eom. III, 28. « Nous concluons donc que l'homme n'est justifié que par la foi seule, sams les œuvres de la loi. « Cette interpolation a pour motif la manière dont Luther entendait les œuvres de la loi, parmi lesquelles il comprenait aussi les œuvres de la charité, ou tout ce qui est de la volonté de Dieu ou de l'action de la grâce dans l'homme, à l'exception de la foi seulement. En vertu de la traduction de Luther, celui-ci ferait donc dire à l'Apôtre que la foi seule justifie et sauve, à l'exclusion absolue de toutes œuvres, même de celles opérées par la

• Éd. VVulch. Xix, 1212 et ss.

Page 1