TRADUCTION DE LA BIBLE
ch. XVI, f. 2 : « A chacun ses voies semblent pures ; mais le Seigneur seul rend le cœur sûr^ « tandis que le texte hébreu porte : « Mais le Seigneur pèse les esprits. »
De môme que Luther a fait de la justice de Dieu une justice » qui compte devant Dieu, » de môme il s'elTorce de faire consister l'idée de la sainteté dans Tidée d'une simple imputation ou d'une valeur conventionnelle. Aussi, Il Moïse, ch. xxii, f . 31, au lieu de : « Vous me serez saints, » il traduisit : « Vous serez saints devant moi. » Dans l'Évangile selon saint Luc, ch. I, f, 75, au lieu de : «*Dans la sainteté et la justice (marchant) devant sa face (en sa présence) toute notre vie, » il mit : « Dans la sainteté et la justice qui lui est agréable. •>
Enseignant que l'homme pèche môme dans ses meilleures œuvres, que dans les pensées et les mouvements de sa volonté il ne peut jamais être sans péché, et que, par conséquent, il ne peut y avoir, à proprement parler, aucune pureté de cœur, Luther devait se heurter aux passages qui recommandent d'aspirer à cette pureté, ou en vantent les avantages, ou bien en font mention comme d'une chose accessible aux efforts de Thomme et se rencontrant chez des personnages pieux. Voilà pourquoi, à ces paroles du Ps. lxxlii, j. 1, « Dieu est la consolation d'Israël, de ceux qui ont un cœur pur, « Luther ajoute cette glose marginale : « Un cœur pur est celui qui s'attache uniquement à la pure parole de Dieu. » Dans le Ps. xxiv, y. 4, il a conservera la vérité, l'expression de cœur pur; mais il a changé les paroles qui la suivent immédiatement. Tandis que dans l'hébreu il y a : « Qui n'attache point son cœur aux choses vaines, » Luther a traduit : « Qui n'a pas le désir des vaines doctrines, » atin que cette addition déterminât et limitât la pureté de cœur que demande le psalmiste-
Un texte dont Luther aimait particulièrement à faire usage, après, toutefois, l'avoir façonné dans sa traduction selon les vues et les besoins de sa polémique, c'est celui de l'Ép. aux Coloss., ch. II, f. 18. Saint Paul y met les fidèles en garde contre les erreurs de certains gnostiques judaïsants, qui recommandaient d'adorer des puissances surnaturelles, démons ou anges, et interdisaient l'usage de la chair et du vin, à la façon des gnostiques, comme souillant l'homme ou l'empô-