LUTHER A LA DIÈTE DE WORMS 3G
avec émotion et mélancolie le couvent des auguslins où il avait souflei'tet où il avait espéré. Il y prêcha sur la foi et sur les œuvres, devant une foule émue et attentive. A Weimar, il tomba malade. C'était Satan, dit-il, qui voulait l'arrêter. Il y reçut une invitation du chevalier de Sickingen qui voulait le recueillir dans son château d'Ebernburg, où le confesseur de Charles Quint désirait avoir une entrevue avec lui, poui'le tentera son tour. « Je suis mandéà Worms, répondit Luther, il m'y trouvera s'il veut me parler. » Dans celte ville impériale remplie de monde, d'Allemands et d'étrangers, les Espagnols et les Italiens y maugréaient contre l'hérétique ; les Allemands achetaient ses livres, son portrait et le baisaient. Quand il entra, le 16 avril, dans Worms, la foule encombrait les rues, se pressant à sa rencontre, malgré l'heure du repas, et débordait sur les toits. 11 était debout, sur une espèce de fourgon avec deux de ses disciples, dans sa robe de moine, le capuchon baissé sur la tête, pâle, amaigri par les veilles, les yeux creux, mais lançant de sombres éclairs sous ses sourcils épais et sa noire et courte chevelure, la bouche forte, une bouche d'orateur, dont la face amincie faisait ressortir la fente longue etironique. C'était bien l'adversaire de l'Église i,M'asse, opulente, qui allait le juger. Après avoir supporté avec fermeté les regards de la foule, précédé du liéraut impérial, il descendit à l'auberge de Saint-Georges, en disant:" Dieu est avec moi. » Le soir, appuyé sur la fenêtre de sa chambre, il joua sur sa flûte un des airs de sa jeunesse. A le voir passer dans les rues de Worms, on n'aurait pas soupçonné l'homme cordial, enjoué, l'éblouissant et aimable causeur ({u'il savait être au repos, quand la passion ne déchaînait pas le lion pour la lutte. Forcés de consentir à la comparution du moine devant la