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LDTIIER A LA DIÈTE DE WORMS

comnie à Constance, qualité pour soutenir qu'il n'y avait pas de serment vis-à-vis d'un liérétique. On fit et relit plusieurs fois le décret impérial. L'agitation croissait à Worms. Un jour, un soldat espagnol, qui voulait saisir cliez un libraire un paquet d'exemplaires de la Captivité de Daby Zone était attaqué par des bourgeois et forcé de s'enfuir; un autre jour, un cavalier espagnol foulait aux pieds un commentaire injurieux de la bulle de Léon X et poursuivait l'épée dans les reins jLiS((ue dans sa maison un chevalier allemand qui voulait l'en empêcher. « Dans le palais impérial on trouva une affiche placardée avec ces mots : « Malheur au pays sur lequel règne un enfant. » — « Je vois, s'écriait le chevalier pamphlétaire Hutten, qu'il est ici besoin d'arcs etd'épées, de flèches et de bombardes, puisqu'on ne veut point écouter les raisons ni les paroles; » et, avec quelques-uns de ses compagnons, il guettait aux environs de Worms les prélats romains pour leur faire un mauvais parti, s'il tombait, disaient-ils, un cheveu de la tète de Luther. Cependant, l'électeur de Saxe et quelques autres princes étaient déjà partis. Luther reçut l'ordre luimême de quitter Worms où sa présence excitait le trouble; muni d'un saut-conduit de vingt et un jours, il reprit, accompagné du liéraut et de ses amis, le chemin qui l'avait amené à Worms.

C était le 26 avril. Le 8 mai suivant, un traité secret d'alliance, depuis longtemps négocié, était conclu entre le pape Léon X et Charles-Quint contre François I". Le sacrifice de Luther en était le prix; car c'était à quelques jours de là, ce 26 mai, que l'empereur présentait aux derniers membres présents à la diète un déciet qui mettait Luther condamné par le pape, comme hérétique, au ban de l'empire, avec ordre, à tout prince laïc ou ecclésiastique, de l'appré-

liiMidor au corps après sixjours de délai, de détruire Ions sos livres, et de ne plus laisser rien paraître désormais sur la lliiH)logie sans soumettre l'écrit ii une censure. Le décret publié pt atdclié était même daté du 8 mai, pour complaire à la cour pontificale et comme si toute la diète y avait donné son assentiment. « Les misérables, s'écria Hutten, « le plus ardent et le plus imprudent des amis du moine, « ils Pont condamné pour sauver leurs bénéfices. Quoi! la '< pente du siècle, ce souffle de liberté, ce dégoût du pré- « sent, ce désir général de rénovation ne vous ont point « avertis. Allez donc au-devant du sort qui vous attend;. « l'œil de Dieu est sur vous. »

Luther avait été plus modéré, et c'est ce qui avait fait sa force; il s'en repentit peu après : « J'aurais dû leur montrer, disait-il, un autre Élie devant d'autres idoles. » Sur ses vieux jours, plus éclairé, il disait : « J'ai été ferme et modéré à Worms, comme un homme inspiré de Dieu, je ne sais si aujourd'hui je serais ainsi. » Si sa doctrine réussit en Allemagne, et même, plus tard, devint pour le catholicisme une occasion de noble rivalité et de réforme intérieure, il le doit, en effet, à la fermeté et à la modération qu'il avait montrées en cette solennelle occasion. Mais que fût-il advenu d'elle et de l'Allemagne, si Charles-Quint, cédant aux conseils généreux de la jeunesse et à l'avertissement de l'opinion publique, n'avait pas aussi montré la même prudence et la même modération. En pensant à l'effervescence de l'Allemagne et aux conséquences de la mort de Jean Huss, dans un pays aussi éloigné que la Bohème, on est efï'rayé, à la pensée des troubles que le sang versé eût pu soulever, et stupéfait de l'avenir bien autrement grand peut-être qu'une mort violente aurait réservé à la doctrine d'un martyr. Charles-Quint, sur ses

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