PLUS DE MESSES PRIVÉES
1 Allemagne moderne; le premier il crée d'abord un syslème, une doctrine, une théologie, comme les autres plus liird une symbolique, une philosophie, une théorie politi(jue, pour y conformer leur conduite et ordonner le monde d'après elle .
Poursuivons: Luther banni, excommunié, et, ce qui était pis pour lui, ayant sa conscience de tous les jours, inquiète, agitée, ne peut plus se confesser aux autres ni les confesser, être consolé ni consoler lui-même. C'avait été là l'un des refuges de sa jeunesse. On l'en a privé. Mais qu'en a-t-il besoin? S'il a la foi, il ne perd pas la grâce. Au tribunal de la pénitence, les prêtres, ses ennemis, l'attaquent d'ailleurs, lui, pauvre moine, le font prendre en horreur, refusent l'absolution à ceux qui veulent croire avec lui. Donc, plus de confession auriculaire entre quatre yeux qui se dérobent dans l'ombre; plus de ces tôle-à-lète mortels souvent à l'àme et au corps! L'absolution, ce n'est pas le prêtre qui la donne ; la grâce ne tombe-t-elle pas d'en haut, sans intermédiaire humain ? «J'ai de nouveau mordu un bon trou dans la poche des papistes, s'écrie Luther, j'ai attaqué la confession ! Que vais-je devenir désormais, oîi trouverontils assez de soufre et de bois pour u'ieltre en cendres cet hérétique empoisonné ? Mais il n'est pas encore temps ; il faut que, auparavant, je rende encore plus furieuse cette race de vipères et que je mérite loyalement de mourir par eux. »
Luther enfin, pendant quinze années, avait célébré presque tous les jours des messes privées et sanctihé son ume avec le corps et le sang de son Dieu. Maintenant il lui était défendu de s'approcher de l'autel, de faire le sacrifice. Par là surtout, il semblait aux yeux du monde déchu de son caractère de prêtre et condamné à la malédiction. Quoi !