Tome VII. og
386 LUTHER A LA WARTROURG
lui qui avait retrouvé la vraie parole, il ne serait pins prêtre! lui qui avait sondé la profondeur, In gloire, la miséricorde gratuite des plaies du Christ, il n'aurait pas part, en vertu d'un arrêt des hommes, au bénéfice de ce sublime rachat I et ces prêtres, ses ennemis, sans foi, sans amour, parce qu'ils ont reçu de l'un d'eux le pouvoir de consacrer, de changer, de transubstnnlier ce pain, qui devient comme le corps du Christ, et le privilège de boire ce vin comme le sang même du Christ; ces prêtres, parleui's messes privéesse garantiraientl'éternel salut et excluraient de l'universelle communion celui qui a tant souffert et tant ressenti d'angoisses! La foi, la passion de Luther se révoltaient à cette idée. Mais, c'était là le point cardinal de la théologie catholique, la clef de voûte de l'édifice sacerdotal. Attaquer le caractère indélébile de l'onction du prêtre, le pouvoir de célébrer, de consacrer le saint sacrifice et de profiler de ce privilège, c'étaitruiner toute l'Église. Cependant, cette tentation de violer le sanctuaire, de pénétrer dans le saintdes saints et de démasquer l'idolâtrie même, ne viendrait-elle pas de Satan qui voulait jouer un bon tour, soit à Luther, soit au pape? Toujours est-il qu'elle tourmentait, obsédait Luther ;. la nuit dans ses insomnies et le jour même, quand le soleil baissait, il s'enfonçait, la tète fatiguée de lectures et d'écritures, dans ses fiévreuses méditations. Alors Satan prenait comme une voix et un corps pour le pousser en avant. La trace en est restée dans les propos de table et même dans l'opuscule tliéologique où il fait sortir dramatiquement d'une dispute avec le diable la réfutation, l'avanie de la doctrine de l'onction du prêtre et de la consécration des espèces, qui pouvait entraîner tout avec elle.
Après tout, la lutte de Dieu et du diable, des anges et des démons, dans le monde invisible et dans le monde visible.