‹ La réformeChapitre 12 sur 120 · LE CONCILE DE CONSTANCE (14U · texte numérisé non relu

LE CONCILE DE CONSTANCE (14U

rait son autorité à celle des papes. Le problème n'était pas sans analogie avec celui qui se débattait dans l'Empire entre les princes et les rois. Mais la lutte de la papauté et du concile en cachait une autre, plus grave encore, celle des laïques et des clercs. Dans l'Eglise transformée, pourrait-on refuser une place aux laïques à côté des évêques? L'Empereur, dont les prétentions étaient si difficilement contenues par les papes, ne réclamerait-il pas une influence prépondérante dans les conseils de l'Eglise? Déjà Sigismond semblait le maître plus que le protecteur du concile; et l'ingérence hautaine de Frédéric et de quelques autres princes allemands, était grosse de révolutions et de menaces. A quoi bon avoir condamné Huss, si on acceptait en fait sa théorie et si les pouvoirs ecclésiastiques admettaient l'indiscrète intervention des profanes et des laïques dans les matières de discipline et de foi !

Tout se décida, comme il arrive d'ordinaire, moins dans les discussions publiques que dans les conférences particulières, où les Italiens déployèrent toutes les ressources de leur finesse et de leur supériorité diplomatique. Gerson était d'avance à demi-gagné: il ne comprenait pas l'Eglise représentée autrement que par le clergé, et attendait avec impatience le moment de sortir des voies révolutionnaires dans lesquelles le malheur des temps l'avait engagé malgré lui ; on triompha sans peine de ses dernières hésitalions. Après la mort de Tévèque de Salisbury, la nation anglaise céda à son tour. Parmi les Allemands, des défections isolées se produisirent ; Sigismond, comme de coutume, se lassa d'une lutte trop prolongée; son isolement le troublait. Le concile avait nommé une Commission de réforme, et elle proposait un projet très long, très étudié ; le moment était décisif. Les Italiens redoublèrent d'efforts.

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