Tome VII
50 L'EMPEREUR SIGISMOND (1410-l/i37)
Ils prolestaient de la pureté de leurs intentions : personne ne désirait plus qu'eux, la suppression des abus; mais ne risquait-on pas de compromettre le résultat de tant de travaux par trop de précipitation? Ils entraînèrent le concile. La majorité couvrit sa retraite en prenant diverses précautions contre le futur pape. Elle lui interdit de quitter Constance avant que l'œuvre commencée fut terminée; elle traça une sorte de programme général de ses travaux en dix-huit articles, qui devait servir de base à la réforme ; elle vota la réunion régulière et périodique de synodes provinciaux et d'assemblées œcuméniques, pour veiller à l'exécution des réformes et au gouvernemoit de l'Eglise. Les cardinaux italiens acceptèrent tout et furent assez habiles pour faire tomber le choix du concile sur l'un d'entre eux, le cardinal Otton de Colonna, qui prit le nom de Martin V (H nov. 1417).
Ollon de Colonna devait sa nomination à la modération et à l'indépendance dont il avait fait preuve dans les discussions : mais il avait été le collaborateur de Jean XXUI et il partageait toutes les idées des Italiens. 11 aimait la justice et il voulait sincèrement la réforme; plus que les abus pourtant, il détestait les empiétements du concile, et il tenait pour son premier devoir de restaurer le pouvoir ponlillcal si fort compromis. Le concile avait pris sur-lechamp une autre physionomie. Les Italiens triomphaient bruyamment; leurs adversaires perdaient courage. Sigismond, dont le rôle avait paru jusqu'alors prépondérant, passait au second plan ; la chrétienté avait un chef et l'assemblée un directeur. Martin V ne brusqua rien : il lança de lui-même quelques décrétales,très générales, de peu d'effet par conséquent, mais qui semblaient témoigner de la sincérité de son zèle. 11 loua beaucoup l'activité et le dévouement