‹ La réformeChapitre 16 sur 120 · Tome VII · texte numérisé non relu

Tome VII

du concile de Bâle, Gesarini, les laïques sont irrités au-delà de toute mesure contre l'ordre ecclésiastique. Aussi est-il 1res à craindre que, s'il ne se hâte de s'amender, ils ne suivent l'exemple desHussites, et que, si l'on n'étouffe l'hérésie hohême, une autre ne naisse '. »

La fermentation gat^nait les campagnes. En 1428, les habitants de l'Appenzell avaient été excommuniés parce qu'ils menaçaient l'évêque de Constance, l'abbé de Saint-Gail et les seigneurs voisins. Un peu plus lard, quelques milliers de paysans assiégèrent la ville de Worms : ils avaient sur leur drapeau le Christ crucifié et demandaient qu'on leur livrât les juifs et les prêtres pour les mettre à mort, parce que par eux beaucoup de scandales étaient venus dans le monde. Dans la région du Rhin moyen, les paysans formaient des associations et partaient au hasard, devant eux, sous le commandement de leurs maires, pour piller.' Les princes voisins, très inquiets de ces essais de Jacquerie, convoquèrent au son des cloches leurs sujets, pour leur faire jurer de renoncer à ces détestables entreprises : Tout paysan, qui entrerait dans une de ces ligues, serait pendu; ceux qui les favoriseraient seraient punis dans leur corps et dans leurs biens. 11 faut un remède rapide, disaitCesarini, et tout le monde le sentait comme lui... D'où viendrait le salut? Malgré Constance, l'espérance tenace des peuples s'attachait à la pensée d'un concile. La question était nettement posée : Révolution ou Réforme. Avant de se résigner à une rupture définitive, les mécontents adressaient à l'Lglise une suprême prière. Seule une assemblée œcuménique pouvait ramener les Hussites à la chrétienté et délivrer l'Allemagne des horreurs de l'invasion, supprimer les abus, rendre au

1 Monum concil. gcn., II, 97, 99.

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