LE CONCILE DE BALE (U31-II
Clergé son rôle de guide des consciences et de directeur des peuples, mettre fin à l'anarchie matérielle et morale, rétablir la paix entre les chrétiens et les unir dans un élan commun contre l'invasion musulmane, dont les flots battaient les murs de Constanlinoplo et inondaient la Hongrie et les provinces du sud-e:>t de l'Empire.
§ VL — Le Concile de Bàle
Martin V, après de longues hésitations, avait ordonné la convocation d'un concile à Baie; il était mort presque aussitôt après (1431). Son successeur, Gabriel Condolmieri, qui prit le nom d'Eugène IV, était un moine qu'avaient recommandé aux cardinaux sa piété, sa bienfaisance et la simplicité de ses mœurs. Avant son élévation, il s'était prononcé très vivement pour la Réforme, et ses protestations étaient probablement sincères; mais il avait aussi la ferme volonté de ne pas laisser péricliter entre ses mains le pouvoir qui lui avait été remis. Assez peu versé dans le maniement des grandes afiaires, il apporta à la défense de ses droits une hauteur et une inflexibilité qui lui créèrent de sérieuses difficultés et firent de son pontificat une des périodes les plus troublées de l'histoire de l'Eglise.
Le concile était encore très peu nombreux ; Eugène IV crut pouvoirrapporterla bulle de son prédécesseur et désigner Ferrare comme le lieu de réunion de la prochaine assemblée œcuménique. Cette nouvelle fut accueillie dans toute la chrétienté par une véritable explosion de désespoir. Sigismond et un grand nombre de princes promirent aux Pères de ne pas les abandonner; de tous côtés, on s'efforça
de faire revenir le pape sur sa résolution, et les prélats, dont le nombre croissait chaque jour, refusèrent d'obéir à la bulle de dissolution. Eugène s'obstina. Les Pères ne tinrent aucun compte de ses ordres, renouvelèrent les décrets de Constance qui établissaient la supériorité des conciles sur les papes, et parlèrent de procès et de déposition. Allait-on voir se renouveler les scandales de Constance? Eugène IV avait des alliés, il n'était pas comme Jean XXIII entre les mains du concile; la lutte pouvait facilement aboutir à un schisme. Le pape était fort entêté; le concile très entreprenant; les idées révolutionnaires ambiantes l'avaient pénétré à son insu. Il avait reconnu voix délibérative aux docteurs et aux maîtres, et la majorité appartenait ainsi dans les votes à la démocratie ecclésiastique que n'effrayaient pas les aventures. Sigismond avait appris avec joie la convocation du concile; il ne se souvenait plus de Constance et était tout entier à l'espérance de terminer sa carrière dans une sorte d'apothéose. L'occasion lui parut bonne pour ressaisir ce rôle de maître du monde, qui lui avait déjà valu tant de déceptions, mais qui séduisait toujours son imagination mobile.
Pour relever son prestige singulièrement compromis, il partit pour l'Italie afin d'y prendre la couronne de fer et la couronne impériale (1431). Comme d'habitude, il s'était mis en route à l'improviste, sans autre force que quelques soldats que lui avaient fourni les Hongrois. Il savait depuis longtemps qu'il n'avait rien à attendre des princes allemands,comptaittrouverdesalliés en Italie. Le ducde Milan, Philippe-Marie, menacé parles Vénitiens et les Florentins, avait mis à sa disposition les forces dont il aurait besoin. L'exemple de ses prédécesseurs aurait dû lui apprendre ce que valaient les promesses des princes italiens et que, s'ils