CHAPITRE XXXVI L'empereur Albert II d'Autriche
Deux princes semblainnt alors ne pouvoir se soustraire au périlleux honneur de gouverner l'Allemagne, si les électeurs leur offraient la couronne«irapériale : 1° le nouvel électeur de Brandebourg ; 2° le gendre de Sigismond, Albert d'Autriche. Les Hohenzollern avaient dû leur élévation à leur alliance très étroite avec l'empereur. Frédéric l^', électeur de Brandebourg depuis 1417, avait réussi à dompter sa noblesse et à relever dans ses nouveaux États l'autorité souveraine, en même temps qu'il avait rattaché à l'électoral presque tous les territoires de la Marche qui en avaient été séparés. La part très active qu'il avait prise, sous le règne précédent, aux affaires générales de l'Empire le désignait tout naturellement au choix des électeurs; et il eût été difficile de trouver un meilleur chef que ce prince dont les ambitions et les intérêts étaient si conformes aux ambitions et aux intérêts de l'Allemagne elle-même. Mais les rapides progrès des Hohenzollern leur avaient créé bien des ennemis. La vigueur dont avait fait preuve Frédéric dans ses États héréditaires inquiétait les électeurs ; enfin, il avait vu de trop près, sous Sigismond, les misères de l'empire pour désirer beaucoup le trône.
L'élection impériale eut lieu sans obstacle. Les électeurs s'étaient réunis, selon les règles de la bulle d'or, à