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ALBERT L'ACHILLE ET FRÉDÉRIC LE VICTORIEUX

sins. Pour arrivera étondre ses domaines, il se posait souvent comme le représentant, le champion de l'autorité centrale, le défenseur des droits de l'Empire, dont il portait toujours rélendard, dans la personne de Frédéric IH '. Il ne réussit qu'à inquiéter les défenseurs attitrés de l'indépendance électorale, les éternels contempteurs de l'autorité centrale, les Wittelsbach.

Le véritable chef de ce parti était Frédéric le Palatin. La légende populaire le désigne sous le nom de Frédéric le Mauvais; les historiens allemands l'appellent d'ordinaire Frédéric le Victorieux (1451-76). De fait, aucun prince de l'Empire à cette époque n'a remporté d'aussi éclatants succès, acquis à sa maison de plus vastes territoires, mieux su protéger ses sujets contre les misères de cette période troublée. Beau, hautain, brave, vaillant soldat, administrateur attentif et sage, fin diplomate, ami des lettres et des arts, il avait autour de lui une cour de poètes et de fins esprits, au centre desquels trônait la belle chanteuse Clara Uettin, la fille d'un bourgeois d'Augsbourg. Lorsque le précédent électeur, Louis IV, était mort en [U9, ne laissant qu'un fils au berceau, Frédéric ne s'était pas contenté de la tutelle de son neveu. En 1451, en vertu de Varrofjation, il s'était fait reconnaître électeur par les États, et avait adopté pour (ils son neveu. Par caractère plus encore que par situation, l'empereur était un lèriitimiste : il ne consentit jamais à sanctionner Varro(/at/on. Frédéric se vengea en se mettant à la tête du parti qui, sous prétexte de réforme, combattait les Habsbourg.

Les empiétements de Pie II parurent aux Wittelsbach un

* V. Sur Albert l'Acliille, Droyseo, Gesch. der preussîschen Polilik, Zweiter Theil, Erste Ablheilung.

prétexte favorable pour faire triompher leurs idées. Les ennemis de l'empereur, Frédéric le Victorieux, le duc de Bavière-Landsliut, Louis Le Riche, Albert et Sigismond d'Autriche, prirent les armes pour défendre l'aVchevêque de Mayence.Les adversaires des Wittelsbach, Albert de Brandebourg, le comte de Wurtemberg, le margrave de Bade se prononcèrent pour le pape et pour l'empereur. Au milieu de la guerre qui s'ensuivit, par une nuit obscure d'octobre (1462), -les adversaires de Thierry d'isembourg ouvrirent les portes de Mayence à Adolphe de Nassau, à qui le pape avait accordé l'investiture. Les conseillers et les patriciens, qui pres(iue tous tenaient pour Thierry, furent chassés, leurs biens partagés entre les compagnons de Nassau. Mayence cessa d'être une ville impériale et fut soumise à son archevêque : « 0 Dieu vivant, s'écrie le chroniqueur ; la grande perfidie et la grande misère qui ont frappé une si digne ville doivent être une image et une leçon pour toutes les cités du royaume : qu'elles soient unies entre elles, et ne se fient pas aux princes, car ils ne leur sont pas favorables. »

La nomination du frère de Frédéric le Victorieux, Robert, à l'an^hevêché de Cologne, la rentrée de Frédéric III dans Vienne, après la mort de son frère Albert, forcèrent les Wittelsbach à abandonner la cause de Thierry d'isembourg; et celui-ci n'eut d'autre ressource que de céder son électoral à Adolphe de Nassau et d'implorer le pardon de Pie II, tandis que George deHeimbourg s'enfuyait en Bohême.

En 1463,1a paix se trouvait ainsi rétablie par le triomphe complet de l'empereur, et du pape. Sans avoir l'ien fait, Frédéric III semblait complètement maître de la situation. Le vrai vainqueur surtout était Pie II. Les rebelles étaient écrasés, l'indépendance des Eglises nationales, anéantie, l'œuvre des conciles, détruite; le pouvoir de la papauté ne

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