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L'EMPIRE PERD SES FRONTIÈRES U

de Bourgogne (Franche-Comté), qui était un fief allemand. Ses successeurs, par une politique hardie et peu scrupuleuse, par des mariai;es habiles, des guerres heureuses, avaient réuni, sous leur autorité, la plus vaste et la plus riche partie du bassin du Rhin inférieur. Philippe le Bon avait hérité de la Hollande, de la Zélande, de la Frise et du Hainaut(l4"25-1433;, occupé le Brabant et le Limbourg{li30], acheté le comté de Namur (1429), acquis le Luxembourg, pendant que Charles VU de France lui cédait les comtés de Maçon et d'Auxerre et les rives de la Somme. Ses domaines s'étendaient de la mer du Nord au Jura et aux Alpes, €t comprenaient les provinces les plus florissantes et les plus populeuses de l'Europe.

Ce vassal tout puissant et entreprenant, qui relevait à la fois de la France et de l'Empire, bravait impunément ses suzerains. Il avait refusé de demander à Sigismond l'investiture des tiefs allemands qu'il s'était appropriés le plus souvent contre les dispositions formelles du droit germanique, et il attirait sous son influence la Suisse, la Lorraine, et même la Savoie et la Provence, qui n'avaient jamais cessé d'être légalement des pays d'empire, bien que l'autorité impériale n'y fût depuis longtemps que nominale. Il espérait bien mettre peu à peu sous sa main les territoires de la rive gauche du Rhin qui échappaient encore à sa domination et reconstituer à son profit l'ancien royaume de Lotharingie. Morcelée et sans gouvernement, l'Allemagne n'avait ni la volonté ni la force de s'opposer à son ambition. L'esprit national y était trop incertain pour arrêter ses conquêtes; et les populations mêlées de ces provinces, qui ont toujours oscillé entre l'empire et la France, se fussent promptement réconciliées avec un gouvernement qui leur apportait une organisation administrative

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