Tome VII
supérieure et (ini saurait les protéger contre l'anarchie. Ce fut de ce côté cependant qu'un coup de fortune permit à Frédéric 111 de réparer ses échecs et de fonder la grandeur de sa maison, comme si le règne du plus indolent des princes devait voir s'accomplir les événements les plus importants pour l'histoire de l'Empire et de l'Allemagne.
g VII. — Union de l'Autriche et de la Bourgogne. — Fortune de TAutriche. — Frédéric III et Charles le Téméraire. — Mariage rtc Maximilieu et de Marie de Bourgogne.
Héritier d'une race que la fortune avait comblée de ses constantes faveurs, le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, était d'une ambition et d'une impatience dépassant encore toute mesure. « Son esprit était hardi, ardent à enireprendre, écrit l'historien qui l'avait vu d'assez près pour le bien connaître et dont le coup d'œil était assez sûr pour le bien juger ; son corps était infatigable, il avait beaucoup d'argent, beaucoup d'hommes, mais il lui manquait la force et la finesse de jugement nécessaires pour tout entreprendre ^ » Frédéric eut la supériorité de savoir attendre. Dès le premier jour, l'idée de gagner à sa famille ce merveilleux domaine l'avait séduit ; lorsque Charles succomba enlin, victime de sa hâte inconsidérée, il se présenta à point nommé pour recueillir l'héritage qu'il guettait depuis si longtemps.
Les causes de rapprochement entre la Bourgogne et l'Autriche ne manquaient pas. Le chef de la maison de Bourgogne et le chef de la maison de France ne pouvaient
1 Philippe de Gommines, éd. Duiiont, p. 220.