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LES UNIVERSITÉS AU XY° SIÈCLE

encombrantes qu'utiles et à le sanctifier en travaillant avec lui et par lui à la reforme générale.

Les projets de l'Université de Paris ne pouvaient être nulle part mieux accueillis qu'en Allemagne. Les autres pays étaient protégés contre les exactions de la curie par leurs souverains. L'Allemagne, avec un pouvoir central impuissant ou divisé, était en proie à toutes les exactions et à tous les désordres. Les abus retombaient de tout leur poids sur l'Empire. Depuisassez longtemps, des symptômes multipliés révélaient l'irritation qui gagnait les âmes ; une sorte d'esprit de révolte se traliissail, soit par la résistance ouverte et quelquefois violente aux prétentions des papes et du clergé, soit par le progrès des sectes qui clierchaient en dehors de l'Église des satisfactions religieuses. On suit, depuis la fin duxiv« siècle, dans l'histoire de l'Allemagne, toute une traînée de faits, dont l'importance grandit à mesure qu'on approche de la Réforme et qui en sont la préparation et l'annonce. La lutte des papes et de Frédéric le Beau d'Autriche avait laissé dans les imaginations populaires une trace profonde. La cour romaine était restée victorieuse, et son candidat, Charles IV, avait été accepté par tous comme empereur ; mais la papauté n'avait pas tiré de très grands pi'otits de sa victoire. Non seulement, Charles IV s'était montré fort indocile, mais il était trop sincèrement pieux et avait un sens trop juste des nécessités du gouvernement et des aspirations de l'opinion publique pour ne pas protester contre les abus; son attitude avait singulièrement encouragé les résistances que provoquaient les habitudes de la cour romaine. Il se fut volontiers mis à la tête d'une réforme s'il n'avait eu bien d'autres affaires sur les bras. Des prêtres même quelquefois donnaient le ton. En 1367 et 1372, le clergé de Mayence formait une ligue pour se défendre contre les

dîmes exorbitantes ; il était suivi la même année par le clergé de Cologne, et en 1373, les trois électeurs ecclésiastiques s'unissaient pour mettre un terme aux exigences de Grégoire XI. Dans plusieurs villes de l'Allemagne septentrionale, à Magdebourg par exemple, les évèques protestaient contre les usurpations de la curie : quelquefois la lutte atteignait un degré de violence inouïe. Pour s'atfrancliir des provisions pontificales, on allait jusqu'au crime. L'évêque d'Hildeshein, Henri III (1369), taisait assassiner les prêtres que le pape prétendait lui imposer; les nonnes du couvent de Dernebourg avaient reçu d'Avignon l'ordre de nommer un certain Jean de Mûnsted à une cure qui dépendait du couvent; elles lancent contre lui quelques frères lais, et dans la rixe, Jean est tué.

Parmi les laïques surtout, l'exaspération était grande et en particulier dans les rangs de la bourgeoisie. Les chroniques des villes sont remplies, vers la fin du siècle, par les conflits des habitants avec leurs évêques et leurs caa pitres, et ils aboutissent plus d'une fois à des incidents sanglants. A Francfort, la querelle de la municipalité et du clergé dure dix-huit ans (1389-1407). A Worms, en 1386, la foule saccage les églises et massacre les prêtres sur l'autel. Breslau est troublé plusieurs années par« une gueri'e des prêtres » qui nous représente en résumé la situation générale, les eri'ementsde la papauté, les prétentions du clergé elles haines qu'elles suscitent. L'évêque était mort en 1376 : la vacance de cet écêehé d'or avait tenté Grégoire XI et il s'en était réservé la disposition ; le chapitre gagna, à grand renfort de présents, l'empereur et le légat et maintint son droit d'élection Le candidat, qui était allé chercher l'investiture à Avignon, arriva au moment du schisme, se laissa circonvenir et reconnut Clément VII.

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