LES UNIVERSITÉS AU XV" SIÈCLE
Aussitôt, l'autre pape, Urbain VI, pour avoir l'occasion de percevoir de nouveaux droits, se hâta de déclarer l'évèché vacant. Les chanoines, ne pouvant s'entendre, ajournent indéfiniment l'élection. Les dîmes rentrent mal cependant; les seigneurs empiètent sur les domaines et les droits de l'évôclié. Sur ces entrefaites, le chapitre ayant l'imprudence de taire aux bourgeois une concurrence déloyale en vendant de la bière étrangère introduite en franchise, en 1380, les conseillers confisquent un petit tonneau de bière en fraude : le chapitre met la ville en interdit. Venceslas intervient, et livre au pillage les biens des chanoines qui demandent justice au pape, puis sollicitent leur pardon.
L'étai des esprits à cette époiiue se reflète avec une singulière vivacité dans une satire, commencée depuis longtemps et où le moyen âge a résumé en quelque sorte ses protestations contre la féodalité ecclésiastique et laïque; c'est alors que paraît en Allemagne sous sa forme à peu près définitive le fameux roman du Renard , le Reineeke Voss. C'est la grande épopée satirique qui forme la contrepartie des épopées héroïques et chevaleresques des xii« et xiii« siècles. Tous les peuples chrétiens y ont collaboré, l'ont enrichi d'épisodes et de développements, mais ces divers fragments se sont réunis de l'autre côté du Rhin dans une composition qui est comme le testament d'un siècle et d'une société. Dans l'œuvre, telle qu'elle nous apparaît à cette époque, la satire, presque indulgente pour Druno, l'ours, pour l'empereur, fier, hautain et jamais obéi, et même pour le loup, maître Isengrin, qui représente la brutalité ignorante du seigneur féodal, réserve toutes ses rigueurs pour maître Renard, le type de la ruse hypocrite et le vrai symbole du vice suprême dans l'Église, la simonie, la profanation des choses saintes.