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FRÉDÉRIC III ET CHARLES LE TÉMÉRAIRE

sfiires. Il venait de réussir à rapprocher les Suisses et Sigismond contre leur commun adversaire (avril 1474). Les villes alsaciennes, fort inquiètes des empiétements de Pierre de Hagenbacli, Colmar, Mulhouse, diverses cités du Rhin, les évèques de Strasbourg et de Baie, adhérèrent aussitôt à « l'alliance perpétuelle )> des cantons et des Habsbourg. Dfile et Strasbourg mirent à la disposition de Sigismond les 80,000 florins dont il avait besoin pour rentrer en possession des lei-ritoires qu'il avait engagés à la Bourgogne. Charles refusa de les accepter; mais un soulèvement éclata en Alsace. Pierre de Hagenbach est livré par ses mercenaires au conseil de Fribourg, condamné à mort et exécuté (9 juin 1474). Les Confédérés, étroitement liés avec Louis XI, envahissent la Haute-Bourgogne, et Sigismond reprend possession de ses Etats au milieu de la joie enthousiaste des habitants.

Les mois s'écoulaient, et Charles le Téméraire étaittoujours devant Neuss. Enfin « les Allemagnes» s'agitent, et « c'était encore une chose grande et puissante, tant à cause de la grandeur qu'à cause de la puissance qui y est ». Vivement pressé par les députés de Cologne et par les envoyés de Louis XI qui lui promit un secours de 20,000 hommes, Frédéric déclara la guerre au duc de Bourgogne. La diète d'Augsbourg menaça l'électeur palatin de le mettre au ban de l'empire s'il s'unissait à l'ennemi de la patrie, et ordonna aux villes de mettre sur pied le quart de leurs troupes. Frédéric III est à la tête de 60,000 hommes à Andernach au mois de novembre 1474, et il réussit à ravitailler la place. De nouveaux renforts portent ses troupes à 100,000 hommes ; « c'était une armée merveilleusement grande et tant ({u'il est presque incroyable, » écrit Commines; elle avait une formidable artillerie ; et « campant

au-dessus d'eux, sur la rive opposée du Rhin, elle donna grand travail à l'ost et aux vivres du duc de Bourgogne ».

Il y avait fort longtemps qu'un empereur n'avait disposé d'une armée aussi nombreuse et aussi bien équipée. Frédéric n'en fit rien; les contemporains le lui reprochèrent aigrement. 11 n'était pas bien sûr de la solidité de ces contingents levés à la hâte et venus un peu de partout. Le M mai 1475, Charleâ attaqua brusquement les Impériaux ; ses canons portèrent le désordre dans leurs rangs, et la nuit seule les sauva d'un désastre. En somme, Frédéric et Charles ne s'en voulaient personnellement pas et ne demandaient pas mieux que de se réconcilier. Le roi de France proposait à Frédéric le partage des Étals bourguignons; mais ses 20,000 hommes n'arrivaient pas. Frédéric répliqua par la fable de l'ours et des deux chasseurs. Il y avait entre Frédéric et Charles un facile terrain d'entente et l'on négociait toujours le mariage. Jusqu'au mois d'avril, Charles avait refusé sa fille à Maximilien; de nouveaux échecs brisèrent enfin son orgueil. Une armée française envahissait la Picardie; une autre menaçait la Bourgogne; les alliés sur lesquels il comptait, l'Aragon, l'Angleterre l'abandonnaient. Enfin, René de Lorraine venait de lui déclarer la guerre et envahissait le Luxembourg. Il se détourna contre son nouvel adversaire avec sa fureur ordinaire; et, dès le 9 juin, pour conclure avec Frédéric, il exigea seulement de lui qu'il lui rendît les canons qui lui avaient été enlevés et qu'il se mît le premier en retraite. Il voulait coucher sur le cbamp de bataille. L'empereur lui céda l'honneur de la victoire ; il n'exigea aucune garantie en faveur de la Suisse ou de la Lorraine. La trêve de neuf mois, signée devant Neuss, fut changée en un traité

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