Tome VII
162 L'EMPERRUR FRÉDÉRIC III (UiO-1493)
deMathias, le suppliaient en vain d'accourir à leur aide: (c Tant pis pour eux, répondit-il; ils n'étaient pas satisfaits de mon gouvernement, ils auront maintenant une cigogne pour roi.» En 1485 enfin, la ville fut réduite à capituler; la Basse-Autrictie presque enlière, une grande partie de la Carinthie et de la Styrie étaient tombées entre les mains de Mathias qui, maître déjà de la Moravie et de la Silésie,^ réalisait contre les Habsbourg cette puissante monarchie qu'avait rêvée jadis Rodolphe l'=^ Sans paraître s'inquiéter, Frédéric III parcourut paisiblement l'Allemagne, demandant auK couvents et aux villes une hospitalité qu'ils n'offraient pas toujours de très bonne grâce. Une sorte de légende^ d'une authenticité douteuse, s'est formée autour de ce voyage: on raconte que, quelquefois, les chevaux manquant^ il fallait atteler des bœufs à sa voiture et qu'il parcourait ainsi le pays dans l'attirail des premiers rois mérovingiens ; à Nuremberg, il aurait fait venir tous les petits enfants dans les fossés tapissés de gazon et les aurait régalés de gâteaux, et de fruits.
L'Allemagne allait-elle abandonner maintenant la marche de l'est, renoncer à ce poste d'observation jeté entre les places de l'Elbe supérieur et les Magyars, c'est ce que Frédéric III vint demander à la diète de Francfort (U80). Pour un moment, les désirs d'indépendance et l'égoïsme féodal cédèrent à un sentiment d'union patriotique, et, puisque la main trop faible du vieux monarque laissait échapper les rênes, on résolut de lui donner un coadjuteur.