MAXLMILIEN, ROI DES ROMAINS
§ VIII. — Maximilieii roi des Romains. — La liguo de Souabe.
Cette fois, ce ne fut pas un adversaire des Habsbourg que l'on ctioisit pour relever l'empire, mais le fils même de Frédéric III, Maximilien. Il fut élu roi des Romains par la diète, le 16 février 1486. Frédéric III n'exerçait pas le pouvoir, mais il se refusait à l'abdiquer ou même a le partager. Il ne consentit à l'élection de Maximilien que lorsque celui-ci eut pris l'engagement formel de ne se mêler en rien des affaires germaniques tant que son père vivrait. Cette élection n'en était pas moins déjà l'accaparement de l'empire par une maison, la subordination des intérêts publics à ceux d'une famille princièro. Frédéric III avait été véritablement le dernier chef du Saint-Empire romain germanique. Maximilien I'^"' est le premier des empereurs Habsbourg. L'œuvre de transformation féodale était terminée. Le souverain lui-même était moins l'élu et le représentant de la nation tout entière que lechet d'une dynastie.
Les électeurs, pour prix de cette complaisance voulurent augmenter leur pouvoir; le seul moyen d'assurei- la paix publique était, d'après eux, de constituer une justice indépendante; ils demandèrent que l'on donnât plus d'autorité au tribunal de la chambre qui, depuis Sigismond, avait remplacé le tribunal de la cour impériale ; les assesseurs en seraient nommés par les électeurs. Au moment où l'Empire se transformait en une confédération oligarchique, il était naturel que le droit d'exercer la suprême justice tut partagé entre les divers souverains ; et les Habsbourg, qui avaient pour leur part travaillé à cette transformation
et qui en acceplaienl les bénéfices, étaient mal venus à contester aux électeurs leur part de butin. Frédéric III cependant ne voulut rien entendre, et la diète de Francfort, comme tant d'autres, se sépara sans qu'aucune résolution eiÀt été prise. Mécontents, les électeurs se vengèrent en ne votant contre les Magyars que quelques subsides, si maigres que le capitaine de l'Empire, le duc Albert de Saxe, ne leva une armée de 5,000 hommes qu'avec ses ressources personnelles. Mathias resta en possession de toute l'Autriche.
Découragé et désireux de conquérir sa liberté d'action vers l'occident, Maximilien proposait de traiter avec le roi de Hongrie, en lui cédant toute la basse Autriche. Frédéric III s'y opposa nettement; il pliait devant le malheur, mais ne renonçait jamais à ses droits. Son astrologue lui avait promis la mort prochaine de Mathias. Il ne l'attendit pas très longtemps. En 1490, le roi de Hongrie fut enlevé à i7 ans par une attaque d'apoplexie. Il ne laissait qu'un fils illégitime, trop médiocre pour maintenir ensemble les États qu'avait réunis l'ambition de son père. Le traité de 1-463, conclu entre Mathias et Frédéric III, assurait aux Habsbourg la succession du roi de Hongrie, s'il mourait sans enfant. Maximilien n'eut pas de peine à reconquérir l'Autriche; mais la majorité de la diète magyare élut pour souverain le roi de Bohême, Vladislas Jagellon. Rappelé dans les Pays-Bas par la guerre avec la France, Maximilien signa avec Vladislas le traité de Presbourg (1491). Les espérances entr'ouverles par la mort de Mathias n'étaient pas complètement réalisées; mais le traité était en somme fort honorable. Maximilien conservait le titre de roi de Hongrie; et si Vladislas ou ses successeurs mouraient sans héritier mâle, la couronne devait revenir aux Habsbourg. L'année suivante.