SA MORT (14'J
Louis XI el de Ferdinand d'Aragon, présidant comme eux. à une révolution considérable, mais bien différente, Frédéric lli vit linir l'ancien Empire germanique, el commencer la prédominance de l'Autriche, la subordination des intérêts germaniques à l'ambition des Hasbourgs au dehors en même temps qu'au dedans se prépare le triomphe du fédéralisme.
Frédéric lll donna au moins à l'Allemagne ce dont elle avait le plus besoin, une dynastie assez forte pour la protéger. Il n'avait manqué ni de prudence ni d'une certaine habileté. Il avait opposé la Hongrie à la Bohème, pour se défendre d'elles, et les princes allemands les uns aux autres. Si l'Empire avait avec lui perdu la Suisse, en mariant Maximilien à la fille du Téméraire, il avait relevé sa maison et l'Empire avec elle.
Depuis U90, Frédéric se détachait des affaires: ses rêves étaient non seulement accomplis, mais dépassés. Il laissait peu à peu à son fils Maximilien la direction du gouvernement, vivait confiné à Linz, occupé surtout d'alchimie et d'aslrologie. La gangrène le rongea, il fallut lui couper une jambe. Déjà fort malade, une matinée, le fondateur de l'Ordre de la sobriété mangea huit melons, puis but de l'eau : cinq jours après il était mort (19 aoiît 1493). Il avait soixante-dix-huit ans, et il avait, pendant plus de cinquante-trois ans, présidé aux destinées de l'Allemagne, sans la gouverner.