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LA DIETE DE LINDAU

avec laquelle il voyait la décadence de l'Empire : « Le roi « de Bohême, dit-il, était autrefois un prince d'empire, non « content de s'en détacher, il lui a ravi la Moravie et la Silé- « sie. La Prusse, la Livonie,ne nous appartiennent plus; per- «sonne ne s'ensoucie; chacun tire à soi, sans se préoccuper « du reste. On a fait les ordonnances de Worms pour remédier « à ce mal, mais la confiance manque pour les exécuter. » De son côté le président de la chambre impériale vint se plaindre que les membres de ce tribunal n'avaient pas reçu leur traitement et que l'empereur n'avait touchéqu'une partie des subsides. Remplacerles anciens impôts régaliens, qui étaient tombés des mains des empereurs dans celles des Etats, par un impôt général, pesant indistinctement sur tous les sujets de l'Empire, organiser, à la place du service féodal tombé en désuétude, une force armée permanente mise par tous à la disposition du chef de l'Allemagne, ce n'était pas seulement maintenir la dignité, l'autorité de l'empereur, c'était sauver l'unité nationale en grand péril. Ce n'était rien encore que les pays non allemands se séparassent de l'empire, mais quel danger si les pays allemands eux-mêmes commençaient à s'en détacher!

Sous l'inspiration de Henneberg, partisan d'une organisation demi-féodale et demi-monarchique, la diète de Lindau assura pour quelque temps les traitements des membres de la chambre impériale qui fut transportée de Francfort à Worms, ordonna rigoureusement la levée du denier commun et vola un subside pour l'empereur. Appelé par Ludovic le More, Maximilien passa en Italie avec l'argent qu'on lui donna et celui qu'on lui promit; mais il y pai-ut plutôt en aventurier qu'en empereur. Arrivé à Milan à la tête de quelques soldats, il déclara Pise libre, par inimitié contre Florence, arriva par Gênes dans cette ville, y remplaça les

armoiries fleurdelisées de France par l'aigle impériale, jeta la statue de Charles VIll dans l'Ârno, assiégea Livourne, mais, coupé de la mer, eut grand'peine à regagner l'Allemagne après avoir reconnu l'indifférence des alliés italiens qui, assurés maintenant que Charles VIII ne reviendrait pas, se gardèrent celte fois, de garder ce nouvel élranger dans la péninsule. Cet insuccès eut une fâcheuse influence sur la tentative faite pour améliorer les institutions allemandes.

La diète de Fribourg-en-Brisgau en 149S fut plus orageuse et mit plus à découvert les dissidences entre l'empereur et les Etats. Le traité, par lequel le nouveau roi de P'rance Louis Xll venait d'obtenir du duc des Pays-Bas, Philippe le Beau, pour quelques places, la renonciation, sa vie durant, aux provinces de Bourgogne, ajoutait un amer désappointement à la honte que Maximilien avait recueillie de sa première expédition en Italie. Par les prétentions qu'il apportait à la couronne de France sur le Milanais même, Louis Xll menaçait encore de bien plus près la maison d'Autriche et l'Empire. Maximilien annonça cette fois à la diète qu'il ne venait point prendre des conseils, mais déclarer la guerre à la France, décidé à la faire même s'il n'obtenait ni un homme ni unécu : ((Trahi par les Lombards, dit-il, je- suis abandonné des Allemands. Mais je ne veux point me laisser lierles pieds et les mains et accrocheràun clou, comme à Worms. Je ne me dois pas seulement à l'Empire, je me dois à ma maison. Plutôt que de forfaire à mes devoirs, je briserai cette couronne sous mes pieds.» — ((Votre Majesté, répondit l'archevêque de Mayence, aime à nous parler par paraboles comme le Christ aux petits enfants. » Il apaisa l'empereur en faisant verser le produit du denier commun déjà en parti réuni, et en activant la levée du

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