GUERRE MALHEUREUSE EN FRANCE, EN SUISSE
reste que devraient désormais avancer des juifs de Nuremberg, Worms et Francfort. En retour, il obtint de l'empereur que la chambre impériale, pour l'exécution de ses jugements aurait le droit de requérir les princes les plus voisins, quand elle ne pourrait attendre la réunion de la diète. C'était un commencement de démembrement de" la puissance executive de l'empereur. Les États paraissaient toujours bien plus préoccupés de la situation intérieure de l'Allemagne, Maximilien,de sa situation extérieure. Les premiers prétendaient faire régner avant tout l'ordre et le droit dans l'Empire, mais surtout augmenter leur puissance; ils étaient plus réfléchis, plus pacifiques, plus économes; ils ne manquaient point d'égoïsme ; l'empereur voulait surtout maintenir au dehors la dignité de l'Empire, comme ses prédécesseurs du moyen âge, la puissance de sa maison, comme ses ancêtres; il était plus généreux, plus patriote, plus belliqueux, mais plus prodigue et plus aventureux. Les uns cherchaient à limiter, à contenir l'empereur ; Maximilien aurait voulu entraîner les Etats à sa suite pour retrouver dans quelques succès retentissants son pouvoir perdu.
3 II. — ■ (juerre malheureuse au dehors
Pour cette foiscependant, les Etats, sous le coup du succès de la France, cédèrent aux désirs de guerre de l'empereur contre elle. La revendication de la Bourgogne par Maximilien leur paraissait juste et les prétentions de Louis XII sur le Milanais, dangereuses. L'Allemagne vit cependant avec regret et crainte son empereur aller se heurter un peu à la légère, et à peine soutenu, contre la frontière française
du nord. La guerre en effet ne lui fut point heureuse. Tandis que Maximiiien s'emljourbait dans les plainesdétrempées de pluie et au milieu des tleuves débordés de la Champagne, le duc Charles de Gueldre, dépossédé par Charles le Téméraire et poussé sous main par Louis XII, se remua derrière lui. Heureux de ce prétexte, Tempereur se retourna contre ce nouvel ennemi sur le territoire de l'Empire; mais, les Suisses, excités sous main par l'or français, lui donnèrent encore plus d'affaires sur les bras.
La Confédération helvétique n'avait jamais été bien d'accord avec sa voisine, la ligue souabe ; les paysans des cantons avaient eu déjà maille à partir avec cette ligue d'acier, ainsi appelaient-ils cette union dans laquelle les chevaliers, les seigneurs, avaient le haut pas. La tentative d'organisation de l'Allemagne, la création du tribunal suprême de justice, l'établissement d'un impôt commun, avait posé assez nettement cette question redoutable : la Suisse fait-elle encore partie de l'Empire. La diète de Fribourg avait décidé qu'il était urgent de faire rentrer dans l'obéissance les puissantes villes de la Confédération qui portaient l'aigle impériale dans leurs écussons. Les confédérés avaient répondu négativement, d'une façon au moins implicite, en refusant de se soumettre à ces institutions nouvelles et en restant les alliés de la France à laquelle ils fournissaient des soldats, même en temps de guerre de l'Allemagne contre celle-ci. La situation était donc déjà bien diflicile et bien tendue, quand de petits démêlés entre le Tyrol autrichien et les ligues grises, entre la ville de Constance et le canton de Thurgovie,rirentéclaterla guerre. Sans déclaration de guerre ni délibérations prises, Souabes et Suisses, par l'effet d'une aniraosilé de voisins, avaient immédiatement couru aux armes et la lutte s'étendait