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LA DIÈTE D'AUGSBOURG

sur toute la lisière des sources du grand fleuve du Rhin au coude brusque qu'il fait vers Bfile. Le duc de Wurtemberg à la tête desSouabes avait juré d'allumer un incendie qui s'élèverait si haut que le seigneur ramènerait de crainte ses pieds sous lui. Mais les Suisses rendirent aux Souabes ravages pour ravages. Maximilien parut en personne sur le théâtre de la guerre, avec le duc de Wurtemberg et quelques princes, après avoir fait unetrèveen Gueldre -,11 fut encore moins heureux. Il méditait, avec les premiers chevaliers souabes, àLindau sur le lac de Constance, une triple attaque contre la Suisse. Mais ceux qu'il avait amenés déclarèrent en roule qu'ils ne se souciaient point d'exposer leur honneur dans une lutte contre des paysans et des bergers. Laissé avec ses ressources personnelles, Maximilien, après avoir jeté son gantelet de fer à l'un des seigneurs qui le quittait, vit son avant-garde surprise à Dorneck et presque détruite par les Suisses. Les contingents des villes souabes ne se pressèrent pas d'arriver pour réparer cet échec. Maximilien, furieux et ne voulant plus « mener des Suisses contre des Suisses », préféra laisser à la Confédération suisse le district de Thurgovie et la déclarer soutraite à la juridiction et aux impôts de TEmpire ; première séparation par acte authentique et officiel, de la Suisse et de l'Allemagne. La Suisse se détachait de lE'mpire sous Maximilien, comme la Silésie, la Moravie, la Prusse, à la frontière orientale, l'avaient fait sous Frédéric in. Pendant cette guerre malheureuse, le roi de France Louis XII avait profité des occupations multipliées de Maximilien pour s'emparer presque sans coup férir du Milanais, autre territoire sur lequel l'Empire avait gardé ses prétentions. C'était une double atteinte portée dans la même année à l'unité de l'Allemagne et h la dignité de

l'Empire, au moment même où l'on s'était préoccupé de fortifier l'une et l'autre.

I 111. — Conseil de régence et conseil aulique

Unetfuerre heureuse ei^it favorisé le développement, l'affermissementdes nouvelles institutions que le règnedeMaximilien avait inaugurées en Allemagne; une guerre malheureuse les compromit. On s'en aperçut à la diète d'Augsbourg de l'année 1500. La lettre de convocation de l'empereur était plus violente encore que la dernière fois. Elle fut mal accueillie. Au fond, ce que voulait un certain nombre de princes, c'était le dépouiller de son autorité et s'emparer du pouvoir. Ils s'y prirent adroitement. Comme Maximilien tenait surtout à avoir une armée, ils parurent le satisfaire en volant l'organisation militaire de l'Allemagne pour six ans et le recrutement d'un homme soldé par quatre cents dans chaque paroisse et de cavaliers fournis par les princes; sous prétexte d'une croisade contre les Turcs, une nouvelle caisse de guerre devait être formée et dix mille florins volés pour la chambre impériale. Mais, en revanche, la diète demanda , cette fois d'une manière ferme , l'érection, sous le nom de conseil de régence, de cette institution politique de gouvernement que les États avaient si souvent rêvée et qui devait les faire participer au gouvernement de l'Empire. Le collège des électeurs y était représenté le plus largement ; ils étaient six; un prince ecclésiastique et un laïque, un représentant de l'Autriche, un de la Bourgogne, deux prélats non princes, deux représentants des villes, six représentants des six cercles alors institués por-

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