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LE CONSEIL DE RÉGENCE, LE CONSEIL AULIQUE

talent les conseillers à vingt. La diète désignait six princes ecclésiastiques et six laïques, les villes n'en étaient pas exclues, et avaient leurs représentants auprès de deux des princes laïques et ecclésiastiques ; mais ils étaient en grande minorité. Ce conseil aurait de grandes prérogatives. Responsable envers l'empereur, il était investi sous sa présidence ou celle de sou vicaire ou gouverneur général, du pouvoir de nommer les membres de la chambre impériale, de statuer sur toutes les choses de la paix et de la guerre intérieures et extérieures, d'établir une monnaie unique, de percevoir les contributions dont il rendrait compte à la diète, de convoquer les États en diète, de donner des instructions au grand chef militaire, aux capitaines d'empire qui lui jureraient fidélité. Ce conseil de régence d'empire [Reiehsregiment) entrait en réalité en partage de l'autorité impériale.

Cette nouvelle alliance de la monarchie avec l'oligarchie princière, dans une institution d'empire, quoique conclue dans d'assez mauvaises conditions, n'eût pas été un mal, si elle avait été faite et pratiquée avec sincérité et franchise. Mais il n'en fut rien. L'empereur, les États, n'avaient songé qu'à leurs intérêts dans ces compromis: dans la pratique, au lieu de tenter de s'allier, de s'unir, ils ne furent occupés qu'à se contrarier, à empiéter sur leurs droits réciproques, et tout échoua miséi-ablement. La diète d'Augsbourg séparée, le conseil de régence {régiment) fonctionne seul du 16 septembre 1500 à février 150L L'aifaire principale était celle du Milanais. Le conseil envoie à Louis XII une ambassade, au nom sacri romani imperii electorum, eeterorumque prineipum. L'ambassade n'obtint qu'une suspension d'armes. Louis XII renvoie au conseil une ambassade, pour demander l'investiture impériale du Milanais. Mais,

l'empereur se croit dépossédé et veut dissoudre le (.-onseil. De février à juillet 1501, un nouveau conseil, dit renforcé, et composé de tous les États ayant voix, par roulement, se dispute encore avec l'empereur au sujet du Milanais. Le troisième acte de cette comédie dura jusqu'en septembre^ oij le conseil renvoie l'affaire à une dicte qui ne se rassemble pas. On se plaignait de part et d'autre. Quelques princes du conseil de régence, écrivait un conseiller de l'empereur, sont vraiment possédés d'un méchant esprit. Plusieurs, et entre autres le palatin Philippe, faisaient alliance avec Louis XII contre l'empereur. Maxirailien, qui agissait assez ordinairement par boutades, traita directement avec Louis XII et consentit (13 octobre) à lui donner l'investiture du Milanais. Enfin, il crut mieux faire et organiser plus aisément l'Allemagne en se passant des États, pour que ceux-ci ne parvinssent ni à lever le denier commun ni à organiser l'armée d'empire.

Maximilien avait menacé plusieurs fois les diètes de ne plus se soucier de l'Empire. Il étendit les attributions politiques judiciaires du conseil particulier, créé par lui dans ses Etals héréditaires, et en fit un tribunal d'empire {Reichsgericht) qui, en 150^2, sous le nom de conseil aulique, devient cour de justice et conseil de gouvernement impérial au lieu et place du tribunal et du conseil créés avec l'assentiment des Étals. « Comme roi des Romains, il n'éprouvait que des déboires, disait-il; il voulait agir enfin comme prince autrichien, -> sans songer que c'était la puissance du prince surtout qui compromettait l'autorité de l'empereur. Avant le grand interrègne, les empereurs en effet n'avaient pas réussi à constituer l'Empire parce que, obligés à leur avènement de se démettre de leurs duchés, ils n'y avaient point assez

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