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LE CONSEIL DE RÉGENCE, LE CONSEIL AULIQUE

de possessions territoriales; après le grand interrègne, la maison d'Autriche allait peut-être échouer dans la même tâche parce qu'elle y possédait trop.

Les électeurs allemands, comme les plus importants des États, répondirent à l'agression de l'empereur, en concluant la même année à Gelnhausen une alliance solennelle, par laquelle ils s'engageaient à voter dans les diètes comme un seul homme el à s'opposer toujours, unanimement, à tout empêchement ou nouveauté dangereuse de la part de la couronne. Les institutions nationales à peine essayées, le conseil de régence non constitué, la chambre impériale sans juges parce qu'il n'y avait pas d'argent, tout fut suspendu ; le désordre séculaire reprit comme de plus belle. Le chef reconnu de l'opposition des États, l'archevêque Berthold, accusa l'empereur de tout le mal. Maximilien lui renvoya accusation pour accusation. « Tout le monde sait, écrit l'empereur, que nous avons convoqué plusieurs diètes à nos frais et essayé d'établir l'ordre et la justice et de relever l'Empire : nous n'avons jamais rien obtenu. La régence d'empire et la chambre impériale, après mille promesses mensongères, n'ont pu être organisées. » On parla de déposer, en 1503, après dix ans de règne, un prince sur qui on avait fondé de si grandes espérances. On ne parlait de rien moins pour le remplacer que du roi très chrétien Louis XIIj qui prodiguait l'or aux électeurs. Le comte palatin du Rhin y poussait. Une visite que Maximilien lit un matin à la comtesse palatine dans un de ses châteaux, aurait conjuré ce danger; les agréments de son commerce familier auraient sauvé la couronne. (1 n'eût peut-être pas été si facile d'ailleurs de déposer le chef de la maison d'Autriche. S'il avait cortre lui les électeurs, il avait pour lui la plupart des princes inférieurs, ecclésiastiques ou laïques,

18S L'EMPEREUR MAXIMILJEN I" (1493-1519)

snrtoul. ceux de Mecklembourg, de Poméranie au nord, de Hesse, de Wurtemberg, etc., au midi, que le collège électoral cherchait trop à etïacer dans l'organisation nouvelle qu'il cherchait à donner à l'Empire.

Il y avait ià les éléments de toute une politique qui pouvait permettre à Maximilien de soutenir son autorité à Tintérieur. L'affaire de la succession de Bavière-Landshut, qui occupa toute l'Allemagne en 1504, la lui indiqua suffisamment.

Le duc Georges le Riche avait laissé ses États, contrairement au droit de rp]mpire, à son gendre et petit-neveu, Robert du Palatinat, deuxième fils de l'électeur, aux dépens de ses cousins-germains, Albert elWolfgang, de la branche bavaroise de Munich, et il avait demandé en faveur de celui qu'il désignait le secours des rois de France, de Hongrie et de Bohème. En l'absence du conseil de régence et de la chambre de justice suspendus, Maximilien, investi de tout pouvoir, s'était prononcé, après avoir revendiqué en son nom quelques possessions, en faveur des princes Bavarois, et se vit aussitôt soutenu contre l'électeur palatin par les secours du Brandebourg, de la Hesse, du Wurtemberg et des villes Souabes. La Bavière fut ravagée. Maximilien rencontra, dans les environs de Ratisbonne, le palatin et les troupes du roi de Bohême : il les écrasa dans un combat où il fut blessé et fit merveille. Sa victoire fut chantée en latin et en allemand. Le vieux comte palatin, Philippe, qui avait songé à déposer l'empereur, fut obligé de se contenter pour ses petits-fils, son second fils étant mort dans l'année, du petit territoire du nouveau palatinat audelà du Danube, et de laisser la plus grande partie de la succession de Landshut à partager entre les princes Bavarois, l'empereur et ses alliés.

MALHEUEŒUSE EXPÉDITION D'ITALIE 189

Maximilien vit aisément dans les diètes suivantes, combien cette affaire l'avait relevé aux yeux des électeurs, en montrant de quelles ressources il pouvait disposer. Kn ioOo, son adversaire l'archevêque de Mayence étant mort, il propose lui-même un conseil de régence. Malheureusement, empereur et États, par l'expérience des conflits précédents désespéraient de pouvoir jamais s'entendre pour ort,'aniser l'Empire. Le nouveau projet de conseil de régence élaboré par l'empereur, qui voulait lui adjoindre quatre maréchaux chargés de maintenir la paix dans les quatre principales régions de l'Allemagne, et prétendait établir un impôt par tête, ne réussit point. C'était contraire au principe do la territorialité si cher aux Allemands. D'ailleurs, échauff"é par les succès qu'il venait de remporter dans sa petite guerre de Bavière, par ses poètes qui le voyaient déjà anéantir les armées turques et reprendre Constantinople, Une roulait plus dans sa tête que de vastes projets, qui n'allaient à rien moins qu'à rendre à l'Empire la domination de l'Europe, perdue au moyen cage. L'expectative de l'héritage du royaume de Hongrie, le bonheur inespéré de son fils Philippe le Beau, qui, à défaut de tout autre héritier, se trouvait, après la mort d'Isabelle de Castille, investi, au nom de son fils, de la régence de ce royaume et, faisant ainsi prendre pied jusqu'en Espagne à la maison d'Autriche, lui donnait dans cette puissance un appui contre la France, encourageaient, toutes ses espérances La diète de Cologne, qui refusa et l'établissement de troupes permanentes et même le denier commun, tenta de ramener l'empereur au sentiment de la réalité. Elle ne lui accorda qu'un premier secours de 4,000 hommes, qui lui permit de repousser le comte Charles d'Egmont du duché de Gueldre dont il voulait s'emparer, et de forcer les Hon-

grois, à la suite d'une petite expédition, à rester fidèles au traité de succession à ce royaume déjà consenti en sa faveur par Viadislas. Mais c'était surtout, comme au commencement de son règne, dans cette Italie où il n'avait pas encore pu mettre le pied qu'il comptait relever sa fortune.

§ IV. — Impuissance au dedans el au dehors

Tous les peuples voisins prenaient alors pied, les Espagnols à Naples, Louis XII à Milan, dans cette Italie qui semblait l'apanage séculaire de l'Empire. Louis XII particulièrement avait offensé tout récemment Maximilien dans ses prétentions impériales et dans sa politique matrimoniale, en formant une ligue avec les Vénitiens et le pape contre lui, après en avoir reçu l'investiture du Milanais, et en donnant au duc François d'Angoulême, son successeur désigné, sa fille Claude, qu'il avait d'abord promise à l'un des petits-fils de Maximilien. A la dicte de Constance (1?07), ouverte aux portes de l'Italie, oîi Louis XII s'emparait alors de Gènes, Maximilien déclara qu'il ne voulait plu s comme un simple chevalier s'occuper de vétilles, mais, comme il convenait à un empereur, des grands intérêts de l'Europe et des droits impériaux. « Le roi de France, ajoutat-il, veut ravir aux Allemands la couronne impériale qui est la plus liante souveraineté du monde, la gloire et la suprême parure de notre nation. Si vos forces s'unissent aux miennes, nous renverrons les Français chez eux et nous traverserons l'Italie en vainqueurs. » Rétablir la puissance allemande en Italie, tel était son but. Ce premier pas fait, il espérait, dupe de la même erreur que ses pré-

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