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MALHEUREUSE EXPÉDITION D'ITALIE

décesseurs du moyen ât^e. être d'autant plus facilement maître en Allemagne.

Quelques poètes de cour, gibelins enthousiastes du vieux temps, excitaient cet empereur, chevalier et poète, dans des vers latins et allemands, qui prouvent au moins que l'opinion populaire ne lui manquait peut-être pas. L'un d'eux, Ulrich de Hutten, représente l'Italie, les cheveux et les vêlements en désordre, '< aux genoux de son seigneur et « maître, l'empereur, implorant de son époux, la punition « du Gaulois, de l'Ibérien, barbares qui s'arrachent ses fa- « veurs, et dont le premier, le plus insolent, n'a pas mênie -( de respect, dans son incontinence, pour ses filles bien- ;< aimées ». L'empereur était trop bon chevalier pour ne pas écouter ces prières, il croyait d'ailleurs avec le poète que c'était à lui seul, « à César, maître de la terre comme « Dieu Test du ciel, souverain des mortels comme Jupiter « Test des dieux, à dompter la péninsule. Cela ne regardait « ni l'avare Espagne, ni la vaniteuse Gaule. La Germanie « y suffirait bien, dès que les Alpes Tyroliennes verse- « raient comme un torrent dans la vallée du Pô, le cavalier « franconien, le chasseur de la Hesse, le Westphalien à la « taille gigantesque, le Saxon qu'une pointe de vin rend « invincible et tous les guerriers que nourrissent la marche « poissonneuse, la Thuringe fertile et les bords de l'Océan « germanique. Jamais l'Allemagne n'avait eu un chef si « digne de la conduire à cette conquête; à la fois chef et « soldat, celui qui avait soumis les Relges indomptés, « chassé Corvin de son patrimoine, poussé ses cavaliers « vers la Seine et cherché les Suisses dans leurs mon- « lagnes, saurait bien délivrer et soumettre l'Italie. » Maxi^ milieu pensait que le moment était venu pour lui de prendre, bon gré mal gré, à Rome ou ailleurs, de la main

19i2 L'EMPEREUR MAXIMILIEN P'- (U93-1519)

du pape ou sans le pape, cette couronne impériale, talisman de ses devanciers, dont la prise de possession devait lui communiquer leur toute-puissance.

Les États ne se montrèrent point si enthousiastes à la diète de Constance (1507); malgré un long et éloquent discours de l'empereur, ils ne consentirent à lui fournir qu'un secours de 3,000 cavaliers et 5,000 fantassins, ce qui était modeste pour l'accomplissement de ses vastes projets. En retour, ils obtinrent le rétablissement de la chambre impériale, avec la faculté d'en payer eux-mêmes les membres et de soumettre ses décisions au contrôle annuel de la diète ; et ils gardèrent entre leurs mains la disposition de celte force militaire et de cet impôt, en l'assurant par la tenue faite par eux d'un registre matricule oîi se trouvaient consignées les ressources en hommes et en biens de chaque État, et qui a donné son nom à l'institution militaire et financière de l'Allemagne.

Il est curieux de suivre, dans les mots comme dans les choses, l'opposition de l'empereur et de l'Allemagne, et les progrès de l'indépendance et de l'autonomie des Étals sur l'autorité du César germanique. A ses rêves du moyen âge, on répond par des inventions d'admmistration moderne que les États seuls pratiquent. L'impôt, le recrutement nouveau qui avaient d'abord paru devoir se réaliser sous forme impériale et au nom du chef de l'Empire dans le denier ou la levée générale, finissent, en effet, par ne se pratiquer que par la main et au nom des États qui consentent, il est vrai, à les mettre au service de l'empereur. Tandis que Maximilien encore une fois poursuit l'ombre de la domination universelle de l'empire, les États atteignent la réalité, l'indépendance: Maximilien le sent bien. Pour obtenir 6,000 Suisses de la Confédération, il la déclare dans la même

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