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MALHEUREUSE EXPÉDITION D'ITALIE

diète soustraite à l'impôt d'hommes et d'argent du registre matricule, comme à la juridiction de la chambre impériale; il prend ses soldats à sa solde au lieu de demander leurs services; pour conquérir un pays italien à l'empire, il renonce, en son nom, à un pays allemand.

Le 2 février 1508, Maximilien s'arrête à Trente avant de descendre en Italie; il s'arrête pour prendre dans une cérémonie plus guerrière que religieuse, avec l'assentiment du légat du pape, le titre d'empereur élu. Singulier et tout moderne exemple donné par le dernier roi allemand du moyen âge! le premier, Maximilien croit pouvoir prendre la première couronne temporelle de la chrétienté avant la consécration du pouvoir spirituel. Il ne prétend point enlever au pape le droit de le consacrer à Rome où il veut aller. Ce n'en est pas moins une révolution; l'empereur élu est un souverain national, allemand, non universel. Maximilien le proclame lui-même en faisant revivre le titre de rex Germanix. Un poète, tout gibelin et sans préoccupations religieuses encore, va le dire tout à l'heure. « Maximilien tient ses droits de Dieu quia dicté son choix aux électeurs; il n'a pas besoin de plier le genou devant le pontife romain pour en revêtir les insignes. » L'audacieux empereur arrivait cependant avec une mince armée; on y comptait quelques chevaliers de renom: le prince Rodolphe d'Anhalt, Georges de Frundsberg et Jacques de Ems, sorte de condottieri allemands sans lesquels l'empereur ou les princes ne pouvaient guère enrôler de soldats; l'artillerie de Maximilien était perfectionnée; outre la lance et répée, on voyait sur les épaules robustes de ces hommes plus grands même que les Suisses mainte arquebuse, qu'on appuyait encore pour s'en servir sur des piquets en forme de fourches.

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