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Tome VII

\9i '■ L'EMPEREUR MAXIMILIEN 1"

Mais; si bonne qu'elle fût, l'armée était loin d'avoir pour l'Italie les périls du torrent dont avait parlé le poète. Los registres matricules étaient longs à reviser ; beaucoup d'États n'avaient pas envoyé leurs contingents. Retenue par l'argent de France, la Confédération suisse n'envoyait pas tous les mercenaires qu'elle avait promis et seulement encore sous la condition de ne pas servir contre les Français. Maximilien lui-même ne savait pas trop qui il devait attaquer; les Vénitiens lui semblaient indignes de l'occuper, les Français étaient bien puissants; l'aigle impériale cherchait sa proie. «On s'attendait en Allemagne, dit Machiavel, à quelque chose de considérable, » de la part de Maximilien. 11 disait lui-même qu'il ferait tout ce qu'il voudrait sans avoir besoin du pape ni des Suisses Mais les soldats allemands, l'argent promis par les Italiens, n'arrivaient pas. Avec plus de modestie Maximilien annonça qu'il voulait seulement, comme ses devanciers, prendre pacihquement à Home la couronne qui lui était due et, pour hâter la venue des contingents allemands, laissant 9,000 hommes en Italie, il allait repasser les Alpes quand il trouva devant lui à Cadore les Vénitiens maîtres des passages et commandés par le condottiere italien Barthélémy d'Alviano. Effrayés, les Allemands mirent au milieu d'eux leurs femmes et leurs enfants pour s'ouvrir un passage; mais, après une lutte de trois heures, ayant perdu mille hommes, ils se rendirent en partie ; avec les débris de son armée, Maximilien, au lieu de prendre pied dans la plaine, repassa les glaciers.

« L'empereur, avait dit Machiavel, accomplira quelque chose de très honorable pour lui ou perdra son crédit jusqu'en Autriche même. » C'est la seconde alternative qui se réalisa. Hors de lui, Maximilien confus revint en Allemagne.

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Dans une lettre justificative, il rejeta son insuccès sur les États qui n'avaient point tenu leurs promesses (1509) et assembla en toute hâte une diète à Worms où il parut tout armé, la cuirasse sur la poitrine, et demanda vengeance de l'injure faite à sa personne et à l'empire. Les poètes impériaux ne manquèrent pas de prodiguer l'injure à « cette « grenouille orgueilleuse des lagunes qui, pour avoir adopté « la peau du lion et pris des ailes, osait de ses palais de « marbre poser ses pattes sur les Alpes de Trente ». Les États, profitant de la déconfiture impériale répondirent aux demandes de l'empereur et aux sollicitations de ses poètes par des griefs. Le roi avait, disaient-ils, signé des traités, fait des conv'entions sans leur assentiment. Ne voyant pas les avantages que l'expédition avait procurés à l'empire, ils se refusèrent à fournir des subsides auxquels, disaient-ils, ils n'étaient point obligés. Les villes, qui n'approuvaient pas la guerre contre Venise, se plaignirent particulièrement de n'avoir point d'assesseurs dans la Chambre impériale tandis qu'elles contribuaient le plus largement à la payer. 11 ne servit de rien à Maximilien de faire alliance à Cambrai contre la malheureuse Venise, objet alors de Tanimadversion de tous les souverains, avec le pape Jules II, l'Espagne et la France ; la dièle ne pardonna pas à l'empereur d'avoir signé aussi cette alliance sans lui faire part de ses conditions. Il trouva, il est vrai, assez de ressources dans ses États héréditaires pour avoir 15,000 hommes. A son approche les villes de Padoue et de Vérone ouvrirent leurs portes. Plus heureux Louis XII, sans les Allemands, remporte la victoire d'Agnadello ; Venise frappée au cœur en est réduite presque à ses murailles ; chacun des alliés prend sa part de la proie abattue. Maximilien seul n'est pas à même de faire valoir utilement ses prétentions.

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Sous les murs de Padoue retombée au pouvoir des Vénitiens, il redemanda des secours à l'Allemagne. En 1509, il passe une armée allemande en revue avec joie : « Ni les Welches, dit-il, ni aucune autre nation, ne pouvait sous le rapport militaire se comparer aux Allemands. «Il dirige lui-même le bombardement de Padoue; la ville résiste. Les secours n'arrivent point à Maximilien. Les villes allemandes surtout ne voyaient point tomber avec plaisir cette ville libre et commerçante, par où elles recevaient alors leurs marchandises du Levant. Maximilien recommence ses plaintes; mais la diète allemande, ne se préoccupant, comme disait Maximilien, « ni de l'honneur de l'empire ni de l'honneur de l'empereur » n'accorde cette fois à Maximilien ni un homme, ni un écu. « En Allemagne, dit l'empereur, les princes et les sujets n'ont pas la même manière de voir que les autres nations oi^i l'on est persuadé que l'honneur et la gloire du souverain rejaillissent sur tous les citoyens. » La guerre change de face. Jules II, se jouant de ses alliés, reprend avec le roi d'Espagne le parti de Venise contre Louis XII. Maximilien ne change pas ; mais les États ne changent non plus aux diètes de Trêves et de Cologne (loh2). Le maigre secours qu'elles envoient n'empêche pas Maximilien déjouer un rôle ridicule au milieu de toutes ces complications. Tandis qu'il menace Jules II du conciliabule de Pise rassemblé à son instigation et à celle de Louis XII, et qu'il met en gage, ses revenus, ses châteaux, ses domaines, les Français battent les troupes pontificales et espagnoles à Ravennes (1512). Maximilien, que Jules II appelait un u infantem. nudum, une bête, unam bestiarn, plus fait pour être mené que pour mener les autres et avec lequel on ne pouvait rien faire, la honte de l'empire, » espérant mieux, fait défection à son tour à son allié; pour frapper

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