LES ARTS NOUVEAUX
monde vivant, les forêts, les fleurs, les combats, les chasses , les conteurs apparaissent dans les bas-reliefs des chi\leaux et même des églises; et la satire émergeant se répand aussi dans l'art. Elle sculpte, elle représente dans la pierre et les vitraux des cathédrales, des prédicateurs à oreilles d'âne, des moines-renards qui prêchent des poules; le diable, vêtu en ermite, vient, sur les tapisseries, avec un gros chapelet, tenter Jésus au désert. Mais deux artistes novateurs de Nuremberg, l'un Peter Vischer, fondeur en cuivre, et l'autre Albert Durer, à la fois dessinateur, statuaire, graveur, mêlent et concilient surtout les souvenirs et l'inspiration de l'antiquité païenne avec les traditions de l'art hiératique et chrétien.
Pierre Vischer à Nuremberg, dans le tombeau monumental et tout en bronze de saint Sebald qui ne pèse pas moins de 158 quintaux, groupe les héros de l'antiquité païenne et du judaïsme, mêlés à des enfants qui jouent avec des lions ou qui se bercent dans lescalices de^ fleurs au pied du cercueil d'argent du saint; et les prophètes de l'Ancien-Testamentet les apôtres du Nouveau soutiennent le temple monumental dont l'enfant Jésus couronne le sommet. L'histoire passée et la nature vivante s'y rencontrent. L'artiste lui-même, dans sa tenue de fondeur, y figure avec son tablier de cuir, son marteau, son chapeau et sa barbe épaisse, ainsi que ses cinq fils.
Avec bien plus de liberté, d'étendue et do profondeur, Albert Durer, dans ses dessins reproduits sur des planches de bois et des feuilles de cuivre qui étaient alors à la peinture ce que l'imprimerie était aux manuscrits, fait entrer tous les éléments que lui fournissent l'histoire, la mythologie, la satire, l'allégorie et le symbolisme le plus idéal. Parmi ses œuvres qui représentent le plus le développement in tel-