TOME VII. ig
lectuel de cette époque, ne faut-il pas citer : le Chevalier, la Mortel le Diable de 1513, le Saint-Jérôme ei la Mélancolie de 1314, qui s'expliquent l'un l'autre? Ici, dans une gorgo sombre, étroite et creuse, le Checalier, sous sa brillante armure, chevauche sur le sol inculte et pierreux; près de lui la Mort, la tête ceinte d'une couronne tressée de serpents, lui montre en grimaçant le cadran des heures; et le Diable, plus hideux encore, armé d'une lance crochue, étend vers lui ses griflles, Impassible, sans regarder à droite et à gauche, le Chevalier va tranquillement son chemin ; sa conscience le soutient. Là, dans un cabinet bien aménagé et oi!i Tordre règne, saint Jérôme, assis devant un pupitre, écrit; le plein jour pénètre à travers les vitres arrondis de la fenêtre et répand une riche lumière ; dans un rayon de soleil un lion étendu sommeille, les yeux demi-clos, aux pieds du saint et, à côté de lui, un chien couché dort d'un profond sommeil. Aucun effort de l'esprit, aucun bruit du monde ne paraissent troubler la sereine paix de l'âme que reflète la belle et expressive tête du Père de l'Église. C'est pour répandre cette paix au dehors qu'il continue le travail qui l'absorbe et le béatifie. Sur la troisième planche, une femme ailée, la couronne du martyre autour du front, le menton appuyé sur la main gauche, tenant de la droite un livre et un compas, est accroupie au bord de la mer. A ses pieds s'étend épuisé un lévrier maigre. Les instruments de mathématique, de chimie, sont dispersés en désordre sous la lumière blafarde d'une comète. Le visage de La M^/ancoZîe, ensevelie dans ses pensées, exprime l'angoisse et son regard se perd dans l'infini. Sur la limite de deux âges, le Checalier exprime la sécurité de la conscience pure qui fortifie ; sam^ Jérôme symbolise la foi qui tranquillise l'âme ; la Mélancolie représente bien la témérité