‹ La réformeChapitre 82 sur 120 · ToME VII · texte numérisé non relu

ToME VII

lance, de Bàle, et la réforme avortée, il n'y avait qu'une vo'ix dans la chrétienté contre la corruption de l'Église. Mais, en Allemagne, particulièrement, le terrain était tout préparé, dans les universités, où les querelles des humanistes et des dominicains avaient déjà aiguisé les armes des opposants contre Rome et contre l'Église. Ce débat avait bien ému, bien remué. Après tout, c'était cependant l'affaire des docteurs, des savants, des écoliers. Mais il s'agissait de bien autre chose ici. Cela touchait aux intérêts de l'autre monde et de celui-ci, au salut et à la bourse. Les grands et les petits, les princes et les peuples ouvraient les oreilles. Dans les cours, dans les universités, dans les villes, jusque dans les campagnes, on s'arracha les thèses de Luther. Quoi! Cette Église riche, brillante, corrompue, avait usurpé le pouvoir de remettre les péchés, qui vient gratuitement de Dieu. Un savant docteur l'assure, la Bible à la main. Quoi ! l'empereur, les princes, les évêques n'avaient point arrêté ces exacteurs romains qui venaient, sous tous les prétextes, prélever le plus pur du travail du pauvre; et un pauvre clerc, un docteur, auquel son seigneur envoyait tous les ans sa robe de bure, l'avait osé; et cela par arguments théologiques, au nom de Dieu ; et non seulement un clerc, un docteur, mais un moine, un mendiant. C'était merveille. « Le monde entier, dit Érasme, lui applaudit. » Il y eut écho partout dans le monde universitaire, à Erfurlh, à Heidelberg, à Nuremberg, à Augsbourg. » Je crois que le jeu va commencer contre les prêtres, écrivit l'empereur Maximiiien à Frédéric le Sage ; gardez bien votre moine, « il pourra nous être utile ».

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