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LA DOCTRINE LUTHÉRIENNE

magne paraît au pamplilélaire, autrefois sceptuiuc cl railleur, une nouvelle Judée destinée à renouveler le monde, et l'agitation présente est comme l'annonce d'un grand enfantement, ainsi qu'il arriva avant la naissance de Jésus- Christ. Voilà comme la Renaissance tourne à la Fléforme.

C'est là sans doute ce qui donna à Lutherie courage alors inouï de répondre par le plus audacieux défi à la bulle de l'Église romaine et de traiter comme de puissance à puissance avec LéonX. Une grande partie de l'Allemagne était avec lui. Une tremblait plus et commençait à lancer, avec la fougue d'une rébellion longtemps comprimée et la violence de l'esclave qui brise sa chaîne, les éclats de ses sarcasmes et de ses colères. « Je ne sais rien d'Eck, dit-il alors, si ce n'est qu'il est arrivé avec une longue barbe, une longue bulle et une longue bourse... Quant àsa bulle, c'estleChrist lui-même qui y est condamné »; le pape « c'est le fort chasseur, le Nemrod de l'épiscopat romain. »

Le légat Aléander et le docteur Eck, après avoir traversé les Alpes, faisaient afficher où ils passaient, en Bavière, sur les bords du Rhin, la bulle du pape et livraient aux flammes les thèses et les écrits de Luther, menaçant sa personne du même sort. Glorieux de leurs premiers succès, ils s'en allaient, disant que le pape avait droit sur les rois, et qu'il viendrait bientôt à bout de quelques misérables grammairiens et d'un duc de Saxe. Cependant, en avançant vers le nord-est, les fondés de pouvoir de la papauté s'apercevaient qu'ils arrivaient sur un terrain moins sûr. Le duc de Saxe Frédéric ne voulait pas entendre parler de la bulle; l'arclievèque de Magdebourg se refusait à la publier. Mais le fils du paysan de Thuringe, se dressant alors contre le tils des Médicis, parut encore en tête de la résistance. « Le 17 novembre 1520, Martin Luther, augustin, docteur en la Sainte

Écriture, à Wittemberg, en appelait du très saint pape Léon, au concile général de l'Église universelle, qui est au-dessus de lui, et suppliait l'empereur, les électeurs, princes, barons de l'empire, etc., de résister avec lui à la conduite anticlirétienne du pape, pour la plus grande gloire de Dieu. » Endn, le 10 décembre, dans la ville de Wittemberg, comme dans la capitale d'une chrétienté nouvelle, l'université et la population ayant été prévenues à l'avance, le docteur, entouré des professeurs et écoliers de l'université, d'un grand nombre d'adhérents, se dirigea devant la porte de l'Elster. Un bûcher était préparé, les magistrats étaient présents. Luther s'avança dans sa robe de moine, sous son capuchon, et, quand le feu commença à briller, il y jeta la bulle pontificale avec les décrétales en disant au milieu d'un silence solennel: Parce que tu as troublé les saints du Seigneur sois livrée aux flammes éternelles. — « La papauté, disaitil le lendemain, en rendant compte de cet acte audacieux, n'est plus maintenant ce qu'elle était hier et avant-hier. Qu'elle excommunie et brûle mes écrits, qu'elle me tue... Elle n'arrêtera pas ce qui s'avance. Quelque chose de prodigieux est à la porte. » Le schisme était consommé. Luther était aussi puissant que le pape dans une partie de l'Allemagne. Restait l'empereur.

La diète de "Worins (15S1)

Après avoir été visiter le roi d'Angleterre Henri VIII, chez lui, et l'avoir reçu à Gravelinessur le continent, pour le bien disposer, dans la prévision d'une guerre possible avec la France, Charles-Quintremontait alors le Rhin pour prendre possession, à Aix-la-Chapelle, de la couronne de roi des Ro-

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