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est, en effet, capitale. Si l’or se réapprécie, la dépression économique mondiale s’accentuera ; d'autre part, le poids de la dette britannique deviendra plus lourd pour le contribuable. La réforme monétaire anglaise sera compromise ou rendue plus difficile. Si l’or, au contraire, perd de son pouvoir d'achat, le niveau des prix mondiaux ira à la rencontre du niveau des prix anglais, l’industrie du Royaume-Uni sera stimulée, l'assainissement définitif des finances britanniques accéléré.
Il est malheureusement presque impossible de discerner quelle sera la valeur de l’or dans l’avenir On sait qu'au XIX° siècle el malgré quelques fluctuations, cette valleur resta remarquablement stable (10). Mais cette stabilité tenait à des circonstances spéciales qui vraisemblablement ne se renouvelleront pas. D'une part, la découverte des mines d’or marcha de pair avec les progrès de la technique. Les besoins industriels, d'autre part, le goût de l'Asie pour la thésaurisation, enfin la politique des Banques Centrales absorbèrent régulièrement le surplus d’or et neutralisèrent l'effet d'inflation qu’il n’aurait pas manqué de causer.
Ces circonstances éminemment favorables se reproduiront-elles demain ? C’est extrêmement peu
(ro) Keynes écrit à cé sujet : « Lé caractère essentiel de cette période fut la stabilité relative des prix. Les prix étaient approximativement les mêmes en 1826, 1841, 1855, 1862, 186%, 1871 et 1915. Ils étaient également semblables en 1844, en 1881 et en 1914 » (La Réforme Monétaire, trad. franç., p. 29).