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gne était évaluée à 88 milliards environ, on jugera de l'importance des dégrèvements intervenus.
Les lenteurs dans l'établissement de l'assiette de l'impôt amenèrent M. Grabski à prescrire, pour les deux premiers termes, des acomptes sur le prélèvement régulier. Devant les nombreuses résistances, tous les moyens de contrainte possibles furent mis en œuvre pour faire rentrer cet impôt aux époques fixées : 25 février et 26 mars ; il y eut de nombreuses exécutions individuelles dans les villes et dans la classe des commerçants en particulier. L'industrie fit un grand effort ; elle avait d’ailleurs remis déjà par anticipation des lettres de change à l'Etat, mais étant donné la plus forte concentration des fortunes dans la grande industrie, cet impôt très progressif allait être rapidement reconnu trop lourd, particulièrement en Haute-Silésie. Quant à l’agriculture, à qui revenait la plus forte part (500 millions), les termes fixés pour ce prélèvement coïncidaient avec celui de l'impôt foncier valorisé et accru ; aussi, les récriminations furent-elles nombreuses, et la grande propriété se vit obligée de liquider ses stocks et des terres avec des pertes lourdes, devant la presque impossibilité de recourir au crédit. L’impôt n’était payable qu’en devises où en marks évalués au cours fixé. Les paiements au comptant n'étaient d’ailleurs pas facilités par une ampleur suffisante de la circulation, entièrement commandée par le stock d’or et de devises, alors
que l’acquittement de l’impôt réclamait une grande aisance dans l’émission des billets.
En vue de parer aux difficultés de perception, la vente des produits du sol fut dirigée vers l’exportation par l'octroi de facilités et de réductions de transport ; cela ne donna pas les résultats espérés. Finalement, on fut conduit à accorder des délais de paiement aux contribuables fonciers, devant la débâcle des prix des produits agricoles, qui menaçait de diminuer grandement la capacité d’achat de la classe paysanne et qui ne faisait d’ailleurs qu’enrichir des intermédiaires, sans influence notable sur le coût de la vie. En outre, au lieu du paiement au comptant, il fallut bientôt admettre le paiement en obligations pour l’industrie et en lettres de gages pour la fortune foncière, ce qui en réalité, n’était que tout théorique à l’époque, du fait que les établissements capables de financer de telles opérations de crédit ne disposaient pas des moyens suffisants à la suite de l'inflation.
Au début d’avril 1924, après l’échéance des deux premiers termes, l’impôt, malgré une énergique pression, n’avait fourni que 76 millions ; au 1” juillet, la somme perçue s'élevait à 102 millions, en fin d’année à 199, au lieu des 333 prévus au budget voté dans le courant de juillet. En décembre 1924, M. Grabski ne parlait rien moins que d’exproprier le propriétaire foncier insolvable, et de procéder, au profit de l'Etat,